Contact Sheet #3 2


 

Aix-en-Provence a tout pour plaire. Son nom fleure bon le sud et nous sommes ici au cœur de la Provence. Cette ville a été rendue célèbre par Cézanne, le peintre qui a immortalisé un nombre incalculable de fois la montagne Sainte-Victoire qui caractérise si bien la région. La ville draine beaucoup de touristes tout au long de l’année. Bien sûr l’été voit les ruelles étroites noires de monde. Septembre et octobre sont également des mois très chargés. 

La dernière fois j’ai eu une petite discussion amusante avec une personne qui encadrait un groupe de personnes.

« Vous avez pris ma photo ? »

Moi : « Ouaip ! J’ai trouvé amusant de vous voir avec le bras levé »

« Vous me devez 5€ pour la photo… » me dit-telle en souriant.

Moi : « C’est ma ville ! C’est vous qui me devez 5€ ! », lui dis-je en rigolant.

« Ah ah, alors pourquoi m’avez vous pris en photo ? »

Moi : « Je traque les touristes dans les rues d’Aix ! »

Cette petite discussion sur le ton de la plaisanterie a un fond de vérité. Je suis irrémédiablement attiré par les touristes. Il s’y passe toujours quelque chose et je sais que je vais pouvoir avoir des photos intéressantes.

Ici, c’est un groupe d’asiatiques qui a attiré mon attention. Je connais très bien le coin et comme c’était une visite guidée, je savais que mon petit groupe allait rester un moment ici à regarder l’architecture d’un des bâtiments se trouvant dans cette ruelle. Suffisamment longtemps pour me permettre de travailler un peu ma composition. J’ai essayé assez rapidement de me mettre au plus près du groupe en essayant d’avoir un personnage qui me fermerait le coin droit du cadre. Tout ça pour avoir plusieurs plans. Je travaille toujours à petite ouverture pour avoir une grande profondeur de champ. La composition est plus complexe car dans des photos avec beaucoup de personnages, c’est vite le bordel avec des personnages qui se superposent…Ce n’est pas tout de mettre plein de monde dans le cadre. Il faut que ce soit lisible. Vous pouvez voir sur les photos 3, 4 et 5 que le résultat n’est pas bon.  J’ai mon personnage qui ferme le cadre à droite, mais il ne se passe rien.

 

Sur ma 6ème photo, j’ai enfin quelque chose d’intéressant. Mon personnage qui ferme mon cadre à droite, a un geste de la main qui attire mon attention. Au même moment la personne sur la gauche qui sert de guide, interpelle aussi de la main des personnes au loin. Le cadrage n’est pas parfait, mais j’ai pas le choix. Je suis trop près d’eux et c’est trop tard pour reculer. Je risque de manquer ce moment. Je prends la photo.

Je suis plutôt content car mise à part la petite dame au centre qui a une partie du visage cachée par un téléphone portable, la photo est lisible malgré les six personnes qui se trouvent dans le cadre. La petite cerise sur le gâteau est ce visage rieur qui apparaît sous le bras à gauche ! C’est que je j’adore dans la photo de rue. On ne voit pas tout. Ça va trop vite, mais des détails apparaissent lors de l’éditing.

J’ai continué à faire des photos pendant que mon petit groupe s’en allait. J’en ai profité pour cadrer très serré, mais au final, il ne se passe rien dans les photos. Vous pouvez voir sur la planche contact que plus je prenais des photos, plus je me rapprochais de mes sujets. Ma photo préférée n’est pas celle où je suis carrément collé aux personnes.

Robert Capa a dit un jour : « If your photographs are not good enough, you’re not close enough » . Je ne suis pas sûr qu’il parlait d’être très près des gens au sens littéral. Bien sûr être tout près des gens nous met au cœur de l’action. Mais comme me l’a suggéré Olivier Duong, je pense aussi qu’il parlait de la Photographie d’une manière générale. Il voulait surement dire si on y met pas tout notre cœur, notre âme dans la photographie, nos photos ne seront pas bonnes.

Personnellement, j’aime être très près des gens. Le fait de shooter uniquement avec le 28 mm y est sûrement pour quelque chose. Mais je crois qu’il y a une raison plus profonde. J’ai toujours été d’une nature très timide, très réservé. Tout ça vient de mon éducation. J’essaye en ce moment de savoir pourquoi je fais de la photographie et pourquoi je photographie de parfaits inconnus dans la ville. Une des raisons est probablement de me prouver que je ne suis plus cet enfant timide et en retrait que j’ai pu être.

 

~o ~

 

Contact Sheet #3.

 

Aix-en-Provence has it all. Its name smells good south of France and we are here in the heart of Provence. This city was made famous by Cézanne, the painter who has immortalized countless times the Sainte-Victoire mountain that characterizes the region so well. The city drains a lot of tourists throughout the year. Of course summer sees the narrow streets overcrowded with people. September and October are very busy months too.

Last time I had a fun little discussion with a person who was mentoring a group of tourists.

« You took my picture? »

Me: « Yeah, I found it fun to see you with your arm up »

« You owe me 5 € for the photo … » she said me with a smile.

Me: « It’s my city, you’re the one who owes me 5€ ! », I smiled back to her.

« Ah ah, so why did you take a picture of me? »

Me: « I’m a stalker, I stalk tourists in the streets of Aix! »

This little discussion on the tone of the joke has holds true. I am irretrievably attracted to tourists. There is always something happening and I know that I will be able to have interesting pictures.

Here is a group of Asians that caught my attention. I know the area very well and as it was a guided tour, I knew that my little group would stay here for a while to look at the architecture of one of the buildings in this narrow street. Long enough to allow me to work a little my composition. I tried quite quickly to put myself closer to the group trying to have a character that would close the right corner of the frame. All this to have several layers. I always work at small aperture to have a great depth of field. The composition is more complex because in photos with a lot of characters, it’s often messy with overlapped characters … That’s not all to put many people in the frame. It must be readable. You can see on pictures 3, 4 and 5 that the result is not good. I have my character who closes the frame on the right, but nothing happens.

On my 6th photo, I finally have something interesting. My character who closes my frame to the right, has a hand gesture that catches my attention. At the same time the person on the left who serves as a guide, also calls out of the hands of people in the distance. The framing is not perfect, but I have no choice. I’m too close to them and it’s too late to go back. I may miss this moment. I take the picture.

I am rather happy because apart from the little lady in the center who has a part of her face hidden by a mobile phone, the photo is readable despite the six people who are in the frame. The cherry on top is that laughing face that appears under the arm on the left! It is that I love in the street photo. We do not see everything. It’s going too fast, but details appear when editing.

I continued to take photos while my little group left. I took the opportunity to frame very tight, but in the end, nothing happens in the photos. You can see on the contact sheet that the more I took pictures, the closer I got to my subjects. My favorite photo is not the one where I’m downright stuck to people.

Robert Capa once said, « If your photographs are not good enough, you’re not close enough. » I’m not sure he was talking about being literally very close to people. Of course being close to people puts us at the heart of the action. But as Olivier Duong suggested, I also think he was talking about Photography in a general way. He probably wanted to say that our photos won’t be good if we are not dedicated enough to Photography.

Personally, I like being very close to people. Shooting only with the 28 mm is surely for something. But I think there is a deeper reason. I have always been very shy, very reserved. All this comes from my education. I’m trying to find out why I’m doing photography and why I’m photographing complete strangers in the city. One of the reasons is probably to prove to me that I am no longer that shy and withdrawn child I used to be.

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Jeff Chane-MouyeJohn Harper Recent comment authors
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John Harper
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If she’d paid you €5 at least you could say you’re making money from Street/Life Photography 😉

At 28mm there’s little option than to get close and that is definitely going to bypass any shyness. I like the selected shot, you chose well.

I suspect Capa meant it in the simplest of terms; get closer in a physical sense. I think sometimes we try to read too much into these quotes.

Another great read. Thanks for that Jeff.

Cheers. John.