Finding my Intent – Part 1. 10


(English Version at the bottom of the page)

C’est les vacances depuis une semaine et encore pendant quelques jours. Autant vous dire que je n’ai absolument aucun moment de libre pour aller faire de la photo dans les rues d’Aix-en-Provence. Je suis un peu coincé à la maison avec mes enfants. Les prochaines semaines ne s’annoncent pas mieux. Je serais en formation et aurais très peu de temps à consacrer à la photo. Et mes enfants me direz vous ? C’est vrai, pas besoin d’aller ailleurs, j’ai à portée d’appareil mes deux adorables petits monstres à photographier.

 

Lors de mes lectures de portfolio début octobre, Richard Petit, qui fait partie d’un collectif qui a une galerie d’exposition au Festival Photographique d’Arles, m’avait parlé de travail plus personnel que je ne devais pas m’interdire. Il avait fait une série mettant en scène ses enfants pour un projet qu’il avait intitulé « Cosmonaute ! ». Je suis allé voir ses photos sur son site et j’avoue que ce n’est absolument pas mon style photographique. De toute manière il n’avait pas spécialement aimé mon travail lors des lectures. Nous avons des univers différents et des visions différentes de la photo aussi, rien d’anormal. Cet échange avec lui sur du travail « plus personnel » a quand même eu un écho chez moi.

Il y a plusieurs mois, Don Springer m’avait demandé pourquoi je faisais des photos. Cette question très simple, n’est pas si facile à répondre. Vous êtes vous déjà poser devant une feuille blanche pour répondre à cette question ?  « What is your Intent in Photography ? » Cette question est beaucoup plus parlante dans la langue de Shakespeare car il y a le mot « Intent » qui est très puissant. (Intent = intention, but, objectif). J’ai eu beaucoup de mal à répondre à la question de Don. Une des réponses que j’ai avancé était : je documentais de la sorte ma vie. En fait ce sont des souvenirs que j’immortalisais. Il y a de ça 8 ans, Joachim mon aîné est entré dans notre vie. Il y a 5 ans, son petit frère Ronan est venu agrandir la famille. Je pense que tous les photographes commencent comme ça. Pas forcement en photographiant les enfants, mais en documentant leur vie.

Depuis que j’ai commencé la Street Photo il y a de ça 18 mois, j’ai eu le sentiment de faire moins de photos de mes enfants. Était ce vraiment le cas ? Je me suis penché un peu sur toutes mes photos réalisées et je me suis surpris à découvrir beaucoup de photos de mes enfants. Alors pourquoi ce sentiment ? Tout simplement en proportion, mes photos de parfaits anonymes étaient beaucoup plus nombreuses que celles de mes deux petits garçons. Peut être ne leur accordais je pas autant d’importance que les autres. Et c’est sûrement là que je me trompais. Les photos de mes enfants ont une autre portée bien plus importante. C’est un héritage que je veux leur laisser. Le temps passe vite, on ne voit pas grandir ses enfants. Ces photos seront là pour eux et pour moi pour se remémorer ces moments passés. J’ai rapidement fait une sélection de photos et alors que je les triais, mes deux enfants sont venus voir ce que je faisais et on a passé un quart d’heure à regarder ces photos. Il y a eu des fous rire, des sourires complices, des questions sur l’endroit où elles avaient été prises… En un clin d’œil, tout est devenu clair. Voilà quelques unes des raisons pour lesquelles je faisais des photos.Tout y était, l’émotion, les souvenirs.

J’ai récemment lu un article écrit par Olivier Duong sur ce sujet. Vous pouvez le lire en intégralité ici. Il conclue son article en disant : « Your most important work as a photographer is family work ». Ne jamais perdre de vue cet élément. Mon ami, John Harper a récemment lui aussi écrit un Blog là dessus. Depuis de nombreuses années, il documente aussi la vie de ses deux enfants et je trouve son travail fantastique. Pas uniquement en termes d’esthétisme, mais il photographie ses enfants en train de vivre, des photos posées, d’autres prises à la volée. Il partage ses photos sur la plateforme LFI (Leica Fotografie International) et je ne compte plus le nombre de photos de ses enfants qui ont été retenues pour la Galerie !

Depuis que j’ai acheté mon Ricoh GRD IV, je l’ai toujours avec moi ou sinon à portée de main. Chose que je ne pouvais pas faire avec mon Reflex Nikon ou encore mon Hybride Fuji XE2. Mon Ricoh me permet de faire des photos partout. Que ce soit en allant faire des petites courses au village, en allant chez le médecin, en les amenant à l’école, dans la voiture… Bref, je ne me limite pas. Je n’ai plus de sessions photo avec eux. Je prends les photos quand une opportunité se présente. La focale me direz vous ? Je fais avec ce que j’ai et ce que j’ai c’est l’équivalent 28 mm. Pas vraiment une focale dédiée aux portraits. Ça tombe bien, je ne fais pas de portraits. Je prends plutôt des snapshots de mes enfants. Certains n’aiment pas ce terme photographique car pas il est souvent assimilé au manque d’engagement et à beaucoup d’aléatoire. Alors oui, je revendique ce côté aléatoire avec un cadrage fait avec l’écran LCD, type photo à la volée comme en Street Photo. C’est ce que Olivier Duong appelle « Street Mindset ». Je capture des moments de leur vie comme je le ferais dans les rues d’Aix-en-Provence. Je ne leur demande pas de poser, de faire un beau sourire. Je préfère les photographier vivant leurs vies d’enfants. Bien sûr, il m’arrive de les faire poser, mais c’est assez rare et de toute manière ça finit toujours avec des sourires figés ou forcés de mes deux petits pitres.

Dans plusieurs années quand ils auront grandi, ces photos seront un héritage qui j’espère leur rappelleront de bons souvenirs de moments de leur jeunesse. En attendant, je continue à documenter leur vie et aussi la mienne. C’est une des raisons pour laquelle je fais de la photographie. Est-ce la seule ? Je ne pense pas. Je reviendrai dans un autre Blog pour vous parler des autres raisons…

 

~o~

 

Finding my Intent – Part 1.

 

It’s been a holiday for a week and for a few more days. As much to tell you that I have absolutely no free moment to go to take pictures in the streets of Aix-en-Provence. I am a little stuck at home with my children. The next few weeks do not look good too. I would be in training and have very little time to devote to photography. And my children will you tell me ? I do not really need to go anywhere else, I’ve got two adorable little monsters to photograph at camera range.

During my portfolio lecturess in early October, Richard Petit, who is part of a collective that has an exhibition gallery at the Photographic Festival of Arles, told me about more personal work that I did not have to forbid. He had made a series staging his children for a project he had entitled « Cosmonaut! « . I went to see his pictures on his site and I admit that this is absolutely not my photographic style. In any case he did not particularly like my work during the lectures. We have different worlds and different visions of the photo too, nothing abnormal. This exchange with him on « more personal work » still had an echo at home.

 

Several months ago, Don Springer asked me why I was taking pictures. This very simple question is not so easy to answer. Do you already have a blank sheet of paper to answer this question ? « What is your Intent in Photography ? » This question is much more meaningful in the language of Shakespeare because there is the word « Intent » which is very powerful. I had a hard time answering Don’s question. One of the answers that I put forward was : I was documenting my life in this way. In fact, these are memories that I immortalized. Eight years ago, my eldest Joachim came into our lives. Five years ago, his little brother Ronan came to enlarge the family. I think all photographers start like this. Not necessarily photographing children, but documenting his life.

Since I started Street Photo 18 months ago, I have had the feeling of having fewer pictures of my children. Was this really the case ? I looked a little at all my photos and I found myself discovering a lot of pictures of my children. So why this feeling ? Quite simply, my pictures of perfect anonymous were much more numerous than those of my two little boys. Maybe I did not give them as much importance as the others. And that’s surely where I was wrong. The pictures of my children have another far more important. It’s an inheritance that I want to leave them. Time flies, we do not see growing his children. These photos will be there for them and for me to remember these past moments. I quickly made a selection of photos and as I sorted them, my two children came to see what I was doing and we spent quite a while looking at these pictures. There were crazy laughs, complicit smiles, questions about where they were taken … In the blink of an eye, everything became clear. Those are some of the reasons I was taking pictures. Everything was there, emotion, memories.

I recently read an article written by Olivier Duong on this topic. You can read it in full here. He concludes his article by saying: « Your most important work as a photographer is family work ». Never lose sight of this element. My friend John Harper recently also wrote a blog on it. For many years, he has been documenting the lives of his two children and I find his work fantastic. Not only in terms of aestheticism, but he photographs his children living theirs lives, photos posed, others candid ones. He also shares these photos on the LFI platform (Leica Fotografie International) and I can not count the number of photos of his children who have been selected for the Gallery !

Since I bought my Ricoh GRD IV, I always have it with me or else at hand. Something I could not do with my Nikon Reflex or my Fuji XE2 Hybrid. My Ricoh allows me to take pictures everywhere. Whether going to the village for shopping , going to the doctor, taking them to school, in the car … In short, I do not limit myself. I do not have any more photo sessions with them. I take photos when an opportunity arises. The focal will you tell me? I do with what I have and what I have is the equivalent 28 mm. Not really a focal dedicated to portraits. It’s good, I do not do portraits. I take snapshots of my children instead. Some people do not like this photographic term because it is often equated with lack of commitment and a lot of randomness. So yes, I claim this random side with a framing done with the LCD, candid-like pictures as in Street Photo. This is what Olivier Duong calls « Street Mindset ». I capture moments of their life as I would in the streets of Aix-en-Provence. I do not ask them to pose, to make a beautiful smile. I prefer to photograph them living their children’s lives. Of course, I happen to ask them, but it is quite rare and anyway it always ends with frozen or forced smiles by my two little peeps.

In several years when they will have grown up, these photos will be a legacy that I hope will bring back good memories of moments of their youth. In the meantime, I continue to document their lives and also mine. That’s one of the reasons I’m doing photography. Is it the only one ? I do not think so. I’ll be back in another blog to talk about other reasons …

 


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10 commentaires sur “Finding my Intent – Part 1.

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Thanks mate ! « Snapshots » is good ! That’s my way of proceeding. Just be around the kids, letting them forget the camera and take shots of them when they have their guard down. This series « Finding my Intent » was something I wanted to do a while ago, but it’s hard to just pause and wonder why you’re doing photography. But answering this question will help me in my Photography Process. Help me focus on my work in term of body of work. The timing is perfect for me, I’m taking a break on Social Media and little time to go shooting … so time for some introspection !

  • Vasco Trancoso

    Great! Congrats Jeff. I think that we are making photographs because we feel more happiness with it. Visual pleasure!
    If we are making Photography only to be happy – your photos will be better and better with your mind / soul free from rules, definitions, fights, etc. And as it would be your soul that will be in the soul of the photos – the better is your state of mind the better will be the images you create..
    Cheers. Be happy.
    Vasco.

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Hello Vasco,

      It’s true that we encapsule emotions in our photography. It could be sadness, happyness… That’s the beauty of Photography. To me there’s much more than visual pleasure in my motives. Of course, I’d like to make nice photographs, but there’s more of that. The Intent is very important cos it will help you focus on what you’re doing and give meaning to your work. That’s why, I decided to pause to really find why I’m doing all of this.

  • John Harper

    Well one “intent” of your photography may be as an outlet, a way to express yourself; we all need that. Taking photos of my family is the core of my photography. They are the “snaps” that I put the most feeling into, they have meaning and purpose, this translates to me too. Apart from that it’s superb practice, we can learn.

    Thanks for the mention Jeff. Always a pleasure to read you thoughts and this time to see that wonderful family of yours.

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Yes John, one of my intent is definitely the outlet. Will tell more soon in a Blog… Speaking of kids,sometimes I mistook things and think that the most important thing is to capture every moments of their lives. We also have to live the life ! My elder son has already understood that and sometimes asks me to drop my camera when I’m with them. There’s a time for everything. Today we were out a small football field (you know those with fake grass). I carried my camera and was about to grab some snapshots of them playing. But instead of that, I spent more then 1 hour running like a mad dog playing football with them. There were nice moments worth capturing, but what the f***, we just enjoyed this moment playing and I forgot about the camera. We just as I said before, live the life.

      • John Harper

        Quite a few years ago now I was discussing that exact same thing, how photographers sometimes miss out on events because they’re always on the sidelines. Ok if you’re getting paid and it’s for strangers. Occasionally it’s good to put the camera down and enjoy the moment as far as family is concerned. Also you’ll notice that you’re rarely in any photos!

        • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

          Totally true John. I have very few pictures of me and my kids. My wife is not into photography stuff. The thing is that I’ll leave very little materials of me for my children except pictures of them…

  • Benjamin Réthoré

    C’est toujours intéressant de te lire, surtout que je me pose les mêmes questions… Je me torture souvent avec mon « intent » et j’avoue que je ne l’ai toujours pas trouvé. C’est dur et cela demande beaucoup d’introspection de trouver une ligne directrice à sa photographie.

    Un peu comme toi, le Ricoh GR et ma (plus petite) pratique de la street photography a beaucoup influencé ma façon de photographier mes enfants, mais je constate que ça ne me suffit pas. Pourtant j’essaie de me répéter cette phrase de Thomas Dworzak (de l’agence Magnum) comme un mantra :

    “Forget about photography. Live an interesting life and take pictures. People are fast in picking up the tools, the craft of photography. The best moments that I’ve captured happened when I stopped thinking about photography. Go somewhere. Get passionate about something. Read a lot of books and look at a lot of photography. Train for it like it’s a sport.”

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Ce n’est peut être pas le truc le plus fun de se poser un peu et se demander pourquoi on fait les choses. On est souvent trop dans l’action. Ce que je suis persuadé, c’est que répondre à cette question donnera du sens à ce qu’on fait. Nous aidera à continuer dans cette voie. L’intention est souvent quelque chose de très simple. Mais il y a plein de choses qui se mêlent. Personnellement, j’en parlerai dans un prochain Blog, mais il y a beaucoup de choses qui viennent de mon enfance, de la période où je n’étais qu’un enfant ou adolescent. Comme tu l’as si bien dit, c’est une introspection.
      En ce moment, j’ai du temps car peu d’occasion de faire des photos. Donc ça tombe à pic, ça me permet de ralentir un peu les choses (je suis quand même un gros shooter…) et de me poser pour répondre à cette question.
      J’aime bien ces phrases de Thomas Dworzak. Ne pas penser en terme de photographie. Il faut vivre ! C’est ce que j’ai fait aujourd’hui avec mes enfants. On est allé au petit stade jouer au foot. J’avais pris mon appareil pour faire quelques photos et au final, j’ai décidé de m’amuser avec eux à courir après le ballon au lieu de prendre des photos. Et c’était super chouette !