Color the world. 2


 

(English version at the bottom of the page)

 

Tous les ans à la même période, la couleur semble s’immiscer dans mon travail. Je pense que c’est lié à la saison et aux belles journées ensoleillées et aux températures qui annoncent l’été qui arrive bientôt. Je vois certains rigoler et se dire que c’est toujours l’été à Aix-en-Provence. C’est vrai que je suis plutôt gâté avec la lumière à Aix. Même en hiver, on a de sacrées belles journées. Mais même si l’hiver n’est pas aussi mordant qu’ailleurs, il fait quand même froid et ce n’est pas la même chose de photographier en hiver et en été. Tout ça pour vous dire que j’accueille avec un grand plaisir l’arrivée du printemps qui a quand même depuis deux semaines, un avant goût d’été. Les touristes sont arrivés en masse. La semaine dernière, plusieurs groupes de touristes déambulaient dans la ville. Un bateau de croisière a dû amarrer à Marseille. De quoi continuer mon projet sur les touristes. D’ailleurs j’ai proposé ce projet au Festival photo d’Uzès et celui ci n’a pas été retenu. Un peu de déception car je trouvais cette série très cohérente. Je vais continuer à la faire évoluer cet été. Je vous en dirai plus dans un futur Blog.

 

 

Ça fait un moment que Vasco Trancoso (dont vous pouvez trouver l’interview que j’ai réalisée ici), m’expliquait pourquoi il était passé depuis un peu plus d’un an du N&B à la couleur. D’autres photographes que j’apprécie beaucoup ont également effectué ce grand saut. Ma question est : Pourquoi choisir ? Pourquoi devoir choisir ? John Harper ne s’embarrasse pas et présente aussi bien de la couleur et du N&B. D’autres s’arqueboutent sur un des deux médiums. Choisis ton camp Camarade ! Moi j’avais choisi le N&B car c’était de mon point de vue, plus facile pour débuter. Un élément de moins à gérer : La couleur. Un autre élément fondamental était la simplification de l’image avec le monochrome. 

 

 

Pour les prochaines semaines, je vais me mettre à faire exclusivement de la couleur. Pourquoi exclusivement me demandez vous ? Je ne maîtrise pas la couleur et j’ai besoin de mettre le N&B de côté pour me forcer à voir les choses en couleur. Ce n’est pas un rejet ou une lassitude de faire du N&B, mais une envie de me pousser hors de ma zone de confort. Ce n’est pas non plus pour montrer aux autres que je sais aussi photographier en couleur. Une envie de faire les choses différemment. Il n’y a pas longtemps, j’avais envie d’essayer la focale 35 mm. J’hésitais même à investir dans le fujinon 23 mm pour le mettre sur mon Fuji XE2. Mais au final, je me suis demandé si c’était judicieux de gaspiller mon argent pour juste essayer quelque chose de nouveau. J’avais sous la main un truc de nouveau à essayer et qui ne me coûtait absolument rien : La couleur !

 

 

Voilà donc, mes prochains Blogs seront assez colorés. Pour pas mal de gens, la raison principale pour laquelle ils font de la couleur est que la vie elle même est en couleur ! Alors tous ceux qui shootent en N&B ne vivraient pas dans le même monde ? Ce qui me plaît énormément dans la photographie N&B, c’est la possibilité qu’il m’ait donné de montrer mon interprétation de ce que je vois. Personne ne voit le monde en monochrome, mais tout bon photographe N&B vous dira que même si la photo même a été prise en couleur, elle a déjà été pensée en N&B. On de décide pas de passer une image en N&B parce que celle ci est ratée en couleur … Une attention toute particulière a déjà été portée sur les formes, les lignes, les contrastes dans la composition. Une autre raison pour laquelle j’aime tant le N&B est le côté intemporel qu’ont les photos. Ces images en monochrome me renvoient à une époque dorée de la Street Photography. Celle de Gary Winogrand, de Henri-Cartier Bresson et autre Robert Franck. Mais ces photographes ont ils choisi de faire du N&B ou était-ce à cause de considérations techniques ? Bernard Jolivat dans un billet écrit pour Le Monde apporte ici une réponse (en français …). Pour résumer, les sensibilités des pellicules couleurs allaient de 10 à 64 ASA alors que celles des pellicules N&B allaient jusqu’à 400 ASA avec la possibilité de les pousser jusqu’à 1600 ASA ! Autant vous dire qu’il n’y avait pas photo (sic) … Dans la rue, le N&B s’imposait.

 

 

A l’ère numérique, on a le choix de faire du N&B ou de la couleur sans avoir à finir sa pellicule 36 poses avant d’en changer. Au temps de l’argentique, il existait des astuces pour passer de la couleur au N&B mais c’était fastidieux de jongler entre deux pellicules. Il fallait noter le nombre de vues, retirer l’amorce de la pellicule … Bref le numérique a bien simplifié les choses. Je sais comment faire du N&B, mais je ne sais pas faire de la couleur, même si effectivement, je vois bien le monde en couleur. Un des principaux atouts que m’a soufflé Vasco Trancoso, c’est la possibilité d’utiliser la couleur pour jouer sur la profondeur d’une image. Lui donner un côté 3D. Un des photographes de rue que j’apprécie beaucoup est l’israélien Gabi Ben Avraham. Son travail me parle beaucoup car il aime être très près des personnes qu’il photographie et manie le Light/Shadows à la perfection. 

 

 

Durant les prochaines semaines, je vais donc m’essayer à la photo couleur. Clairement, même si mon Ricoh GRD IV, n’est pas taillé pour la couleur (ça bruite pas mal dès 400 ISO), je vais néanmoins l’utiliser. D’une part je n’envisage pas dans l’immédiat, shooter avec autre chose tellement je suis en symbiose avec cet appareil et d’autre part, si je parviens à toujours avoir une bonne lumière, le rendu couleur est assez exceptionnel avec le capteur CCD !

 

 

Toutes les photos de ce Blog ont été réalisées avec le Ricoh GRD IV à Aix-en-Provence.

 

~ o ~

 

 

Color the world.

 

 

 

Every year at the same time, color seems to interfere with my work. I think it is related to the season with the beautiful sunny days and the temperatures that announce the summer coming soon. I see some laughing and people saying that it is always summer in Aix-en-Provence. It’s true that I’m rather spoiled with light in Aix. Even in winter, we have some really nice days. But even if the winter is not as bitter as elsewhere, it is still cold and it is not the same thing to photograph in winter and summer. All this to tell you that I welcome with great pleasure the arrival of spring which has for two weeks now, a taste of summer. The tourists are flooding in the streets. Last week, several groups of tourists were walking around the city. A cruise ship might have dock in Marseille. Good for my project on tourists. Moreover, I proposed this project at the Uzes Photo Festival and it was not selected. A little disappointment because I found this series very consistent. I will continue to make it evolve this summer. I’ll tell you more in a future blog.

 

 

It’s been a while since Vasco Trancoso (whom you can find the interview I made here), explained why he had switched a little over a year from B&W to color. Other photographers I appreciate a lot have also made this big jump. My question is : Why choose? Why should I choose ? John Harper does not bother and present both color and B&W work. Others are bending on one of the two mediums. Choose your camp comrade ! I had chosen the B&W because it was from my point of view, easier for beginners. One less element to manage : The color. Another fundamental element was the simplification of the image with monochrome.

 

 

For the next few weeks, I’m going to be doing exclusively color. Why exclusively would you ask me ? I do not know the color and I need to put the B&W aside to force me to see things in color. It’s not a rejection or a weariness of doing B&W, but a desire to push me out of my comfort zone. Nor is it to show others that I also know how to photograph in color. A desire to do things differently. Not long ago, I wanted to try the 35 mm focal length. I even hesitated to invest in the 23 mm fujinon to put it on my Fuji XE2. But in the end, I wondered if it was wise to waste my money just to try something new. I had something new to try and that cost me absolutely nothing : The color !

 

 

So, my next Blogs will be pretty colorful. For a lot of people, the main reason they make color is that life itself is in color ! So all those who shoot in B&W would not live in the same world ? What I like most about B&W photography is the opportunity I have to show my interpretation of what I see. Nobody sees the world in monochrome, but any good B&W photographer will tell you that even if the picture itself was taken in color, it has already been thought in B&W. We do not decide to post-process an image in B&W because it is a failure in color … Particular attention has already been paid to the shapes, lines, contrasts in the composition. Another reason why I love B&W so much is the timeless look of the photos. These monochrome images bring me back to a golden era of Street Photography. That of Garry Winogrand, Henri-Cartier Bresson and other Robert Franck. But did these photographers choose to work in B&W or was it because of technical considerations ? Bernard Jolivat in a blogpost written for Le Monde brings here an answer (in french …). To summarize, the sensitivities of color films ranged from 10 to 64 ASA while those of B&W film went up to 400 ASA with the possibility of pushing them up to 1600 ASA ! As much to tell you that without any doubts, in the street, the B&W was the only way to go.

 

 

In the digital age, you have the choice to make B&W or color without having to finish your entire roll of film before changing. At the time of film, there were tips to switch from color to black and white, but it was tedious to juggle between two films. It was necessary to note the number of photos already made, to remove the beginning of the film … In short, the digital has simplified things. I know how to make B&W, but I do not know how to make color, even though I actually see the world in color. One of the main assets Vasco Trancoso gave me is the possibility of using color to play on the depth of an image. Give it a 3D feeling. One of the street photographers I really like is the Israeli Gabi Ben Avraham. His work speaks to me a lot because he likes to be very close to the people he photographs and uses the Light/Shadows to perfection.

 

 

In the next few weeks, I will give it a try to the color. Clearly, even if my Ricoh GRD IV is not ideal for color (noise appears at 400 ISO), I will still use it. On the one hand I do not consider in the immediate future, shoot with something else because I’m in symbiosis with this camera and on the other hand, if I manage to always have a good light, the color rendering is quite exceptional with the CCD sensor !

 

 

All the photographs were made with my Ricoh GRD IV in the streets of Aix-en-Provence.

 

 

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Jeff Chane-MouyeVasco Trancoso Auteurs de commentaires récents
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Vasco Trancoso
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Vasco Trancoso

Congrats Jeff for your beautiful shots and usual contribution for a better world! Thanks again for mentioning my name and blog. About beautiful colors maybe it will be a good time to try Fuji again (it is perhaps the best quality of Fuji cameras). We are in 2018. The sixties of Winogrand are the past. We can better understand the evolution of a photographer with the latest book (masterpiece) by Joel Meyrowitiz « Where I find myself ». As he has gone through different experiences and styles up to the present where he´s photographing still life and the bottles of Morandi. Style… Lire la suite »