Street Photography is about failure. 2


 

(English Version at the bottom of the page)

Henri-Cartier Bresson a un jour dit que nos 10.000 premières photos sont les pires. Je pense qu’avec l’avènement du numérique on peut changer ce chiffre en au moins 100.000 premières photos. Plus vraisemblablement, on doit être au million … Pour rester dans les citations connues, Alex Webb a aussi déclaré : « 99% of street photography, if not more, is about failure ». Ce n’est pas seulement une leçon d’humilité mais aussi de montrer qu’on se doit d’être exigeant avec soi même et ne pas se contenter d’être moyen.

 

 

Je dois reconnaître que personnellement je ne suis pas assez critique avec mon travail. Je vais vous expliquer pourquoi. J’ai crée un répertoire sur mon cloud où je stocke mes photos que je considère comme dignes d’intérêt et figurez vous qu’à ce jour j’ai près de 1.000 photos depuis janvier 2018 … Vous voyez mieux maintenant ? Quand je réalise ça, je me rends compte que je ne suis pas assez exigeant avec mon travail, ou sinon que je suis sacrément bon pour avoir un ratio aussi extraordinaire. Je penche plutôt pour la première raison … De toute manière, ces photos ne sont pas vraiment des keepers. J’ai récemment fait une sélection de photos  que je vais faire tirer et j’en ai sélectionné à peine 60. Ces photos sont mes keepers. J’aime bien les avoir en tirage papier dans une boite pour pouvoir les regarder quand je veux sans avoir à passer du temps sur mon téléphone ou l’ordinateur. Les photos prennent vraiment vie une fois qu’elles sont imprimées. Qu’on se le dise, il faut imprimer son travail. 

 

 

Revenons un peu à mes statistiques. J’ai du faire aux alentour de 10.000 photos depuis ce début d’année. Tout ça pour 60 keepers. Ce qui me fait un ratio de 0,6% ! Alors là c’est plus révélateur. Et figurez vous que ce ne sont juste que des keepers. Des photos dont je suis tout particulièrement fier et qui figureront dans mon Best Of 2018 ? Hum, vraiment pas beaucoup. Le truc c’est quand on fait ce genre de bilan annuel, on a une obligation de résultat et même si on a que des daubes ou des photos moyennes, on les sélectionnera quand même car il faut bien qu’il y ait un Best Of … Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Le mieux serait d’essayer de sélectionner des photos dont on sera encore fier dans plusieurs années. Des photos qui passeront avec succès le test du « Temps ». Celles qui vieilliront bien. Vous allez me dire que nos goûts évoluent aussi. Ce n’est pas faux … Quoi qu’il en soit, parmi ces 10.000 photos, je n’en vois que 2 ou 3 qui colleraient bien avec mon critère de sélection. Ce qui fait tomber mon ratio à quelque chose comme 0,02 ou 0,03 %. 

 

 

Ce n’est pas de la fausse modestie, mais c’est un fait. La Street Photography est une pratique ingrate car vous ferez plus de photos ratées que de photos dont vous serez fier. Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte rendant le ratio de photos réussies famélique. Comment peut il en être autrement ? Vous maîtrisez très peu de choses dans la rue. Mis à part la lumière et votre position dans la scène que vous photographiez, vous subissez le reste. Beaucoup de choses non voulues peuvent vous ruiner une photo. Une des choses primordiales est de garder vos attentes à un niveau très bas pour éviter d’être déçu. J’en avais déjà parlé dans un Blog précédent, mais le fait de réussir rapidement une photo lors d’une sortie Street, permet de me libérer mentalement car je sais combien c’est difficile d’avoir un « keeper ». Je me sens forcément plus léger car il y a déjà eu du résultat. Je sais pertinemment que ce n’est pas une course au résultat …

 

 

L’échec en Street Photography peut venir aussi d’ailleurs. J’ai soumis il y a quelques mois une série photo pour le Festival d’Uzès (Les Azimutés d’Uzès). J’ai voulu prendre des risques et proposer une série en couleur. Moi qui maîtrise assez peu ce médium, c’était assez osé. Je trouvais cette série cohérente, mais elle n’a pas été retenue. La faute à la qualité de la série ? Sûrement, mais un autre paramètre a joué en ma défaveur. Les organisateurs m’ont demandé de signer un papier comme quoi j’avais l’autorisation des personnes présentes sur les photos pour leur diffusion … Un document que je n’ai évidemment pas signé. J’ai eu une longue discussion avec quelqu’un de l’organisation concernant le droit à l’image et le droit d’auteur. Je crois que l’échec est nécessaire pour avancer.

 

 

Soumettre son travail au regard des autres est important. Je l’avais déjà expérimenté l’année dernière lors des lectures de portfolio organisées par La Fontaine Obscure à Aix-en-Provence. Mais gardez à l’esprit qu’en confrontant son travail au regard et à la critique des autres, il y aura forcément un caractère subjectif. Mais par expérience, on en tire toujours des éléments constructifs.

 

 

Ce petit côté frustrant me permet d’apprécier encore plus ces petits moments où tous les éléments semblent alignés pour me permettre de capturer un moment dans la rue ou sinon de voir que mon travail est compris ou apprécié par des personnes. Ces moments sont rares et cette rareté les rend précieux. C’est ce qui fait tout le charme de la Street Photography.

 

 

~o~

 

 

Street Photography is about failure.

 

 

 

Henri-Cartier Bresson once said that our first 10,000 photos are the worst. I think that in the digital age you can change this number to at least 100,000 first photos. More likely, we’retalking about million … To stay in the known quotes, Alex Webb also said: « 99% of street photography, if not more, is about failure ». This is not only a lesson in humility but also to show that one must be demanding with oneself and not be content to be average.

 

 

I must admit that personally I am not critical enough with my work. I’ll explain why. I created a directory on my cloud where I store my photos that I consider worthy of interest and you figure that to date I have nearly 1,000 photos since January 2018 … You understand now ? I realize that I’m not demanding enough with my work, or that I’m damn good at having such an extraordinary ratio. I go for the first reason … Anyway, these photos are not really keepers. I recently made a selection of photos that I will print and selected just 60. These photos are my keepers. I like having them printed in a box so I can look at them whenever I want without spending time on my phone or computer. The photos really come alive once they are printed. Let it be said, you have to print your work.

 

 

Let’s get back to my statistics. I had to do around 10,000 photos since the beginning of the year. All this for 60 keepers. Which makes me a ratio of 0.6% ! So that’s more revealing. And you figure they are just keepers. Photos of which I am particularly proud and who will appear in my Best Of 2018 ? Um, really not much. The thing is when we do this kind of annual thing, we have an obligation of result and even if we only have bad or so so photos, we will select them anyway because there must be a Best Of … I do not know if I make myself clear. It would be best to try to select photos that we will still be proud of in many years. Photos that will pass the « Time » test. Those that will age well. You will tell me that our tastes are changing as well. It’s not wrong … Anyway, among these 10,000 photos, I see only 2 or 3 that stick well with my selection criteria. Which makes my ratio drop to something like 0.02 or 0.03%.

 

 

This is not fake modesty, but it is a fact. Street Photography is a thankless practice because you will make more bad photos than photos you will be proud of. Many parameters come into play making the ratio of successful photos scorched. How can it be otherwise ? You have very little control in the street. Aside from the light and your position in the scene that you are photographing, you suffer the rest. Many unintended things can ruin a photo. One of the most important things is to keep your expectations low to avoid disappointment. I had already talked about it in a previous Blog, but the fact of quickly succeeding a photo during a Street session, allows me to free myself mentally because I know how difficult it is to have a keeper. I feel necessarily lighter because there has already been a result. I know for a fact that this is not a race for results …

 

 

Failure in Street Photography can also come from elsewhere. I submitted a few months ago a photo series for the Festival of Uzès (The Azimut of Uzès). I wanted to take risks and propose a series in color. I who has little experience in color, it was quite daring. I found this series consistent, but it was not retained. Blame the quality of the series ? Surely, but another parameter played against me. The organizers asked me to sign a paper that I had the permission of the people present in the photos for their broadcast … A document that I obviously did not sign. I had a long discussion with someone from the organization about the image right and copyright.

 

 

I believe that failure is necessary to move forward. To submit one’s work to others is important. I had already experienced it last year during the portfolio readings organized by La Fontaine Obscure in Aix-en-Provence. But keep in mind that by confronting one’s work with the gaze and criticism of others, there will inevitably be a subjective part. But from experience, we always draw constructive elements.

 

 

This frustrating thing allows me to appreciate even more these little moments where all the elements seem aligned to allow me to capture a moment in the street or if not to see that my work is understood or appreciated by people. These moments are rare and this rarity makes them precious. That’s the charm of Street Photography.

 

 

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John Harper
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Firstly lets say that the photo in this blog of the two women passing and the mannequin in the shop window is a KEEPER! Also the « Ouverture » one is absolutely outstanding, the crown on the passerbys head is tremendous. There’s two selected from just the eight you posted in this blog, 25%. It’s a shame that dog didn’t put it’s paw up to its eyes then you’d have an even higher rate 😉 I print my work that’s so say to « adorn » our walls and that’s one occasion when I have to be very selective, they always look better in… Lire la suite »