Feels like home ! 7


 

(English version at the bottom of the page)

L’été n’est pas forcément la période la plus propice pour m’adonner à la Street Photography. Je bosse beaucoup plus durant cette période et mes moments de libres sont passés avec mes enfants qui sont en vacances. Une pause imposée mais aussi salvatrice pour se ressourcer. Récemment, j’ai du me déplacer pour diverses raisons à Arles et aussi Avignon. Deux très belles villes du sud de la France qui accueillent pendant l’été deux énormes festivals. Les Rencontres photographiques pour Arles et pour le Festival d’Avignon, il s’agit de la plus grande manifestation de théâtre au monde. L’occasion bien sûr d’arpenter les rues de ces deux villes appareil photo en main. 

 

Avignon 2018.

Avignon 2018.

 

Vous allez croire que je me suis éclaté avec tout ce monde autour de moi, un peu comme un gamin dans un magasin de bonbons. Eh bien pas vraiment. J’ai même eu beaucoup de mal à photographier dans ces deux villes. J’ai bien réussi à faire quelques photos intéressantes, mais ce que je retiens de ces escapades c’est que je ne me suis pas senti chez moi. Je n’étais qu’un touriste parmi d’autres et je n’arrivais pas à trouver ma place au milieu de toutes ces personne dans les rues. Vous vous rappelez que j’avais écrit il y a quelque temps de ça un Blog intitulé : The grass is always greener on the other side. L’attrait de la nouveauté est censé booster notre créativité. Pour moi ça a l’effet inverse. 

 

Arles 2018.

 

J’ai besoin de connaître une ville pour être libéré et pouvoir faire des photos. Certains diront que j’ai du mal quand on me sort de ma zone de confort. Ce n’est pas forcément faux. Aix-en-Provence est la ville où tout a commencé pour moi. C’est ici que j’ai affronté pour la première fois le regard des autres dans la rue. Je ne dirais pas que je connais la ville parfaitement, car il reste des endroits où je ne traîne jamais. Mais je la connais relativement bien. Une chose primordiale qui colle à mon style d’approche dans la rue, est de connaître les flux de personnes qui circulent dans la ville. J’aime être là où c’est vivant et limite bordélique. J’aime me retrouver au milieu de la mêlée avec mon Ricoh GRD IV.

 

 

Je suis chez moi à Aix. J’ai mes petites habitudes, mes petits spots où je peux rester un moment à attendre que quelque chose se passe. Au final c’est assez routinier comme façon de procéder, mais j’aime bien car même si les lieux sont les mêmes, ça ne me dérange pas car ce ne sont pas les lieux que je photographie mais les gens. Aix-en-Provence n’est pas bien grand et je croise souvent les mêmes personnes. D’ailleurs les gens commencent à me reconnaître aussi dans les rues. Surtout ceux qui y travaillent dans la restauration ou dans les magasins. Ça m’arrive qu’on me fasse un petit signe de la tête pour me saluer quand je traîne dans Aix.

 

 

Quand j’ai passé quelques journées à arpenter les rues d’Avignon ou d’Arles, je ne me suis pas senti chez moi et c’est la raison pour laquelle j’ai eu énormément de mal à faire des photos. Je ne savais pas photographier ces villes. Je sais que pour beaucoup de photographes c’est tout le contraire. Ils ont du mal à photographier chez eux et se libèrent dès qu’ils sont ailleurs. Je suis retourné dans Aix récemment et ça m’a fait du bien car j’avais l’impression de rentrer à la maison, de retrouver mon chez-moi avec mes petites habitudes. Je ne parle pas de photos réussies, de keepers ou autres glory shots. C’était juste ce sentiment agréable de revenir dans cet endroit familier qu’est la ville où je passe le plus clair de mon temps.

 

 

Mon temps à Aix-en-Provence est compté. Ça fait 20 ans que j’y habite et nous avons pris une décision avec ma femme. Celle du changement, de partir ailleurs. Notre prochaine destination de vie sera l’Île de la Réunion, une petite île perdue dans l’Océan Indien. Encore rien de concret pour le moment, mais dès qu’une opportunité se présentera, je demanderai ma mutation là bas. En quelque sorte, ce sera un retour à la maison aussi car je suis originaire de cette île que j’ai quitté il y a 25 ans de ça. Mon travail est intimement lié à la ville d’Aix-en-Provence. Je ne sais pas encore comment je m’adapterai ailleurs. Mais ce n’est pas encore d’actualité et c’est Aix-en-Provence chez moi en ce moment et je compte bien continuer à documenter les rues de cette ville.

 

 

 

~ o ~ 

 

 

Feels like home !

 

 

 

 

For me, Summer is not necessarily the best moment for Street Photography. I work a lot more during this period and my free time is spent with my children who are on vacation. A pause imposed but also relaxing. Recently, I had to move for various reasons to Arles and also Avignon. Two very beautiful cities of the south of France which host during the summer two huge festivals. Les Rencontres photographiques for Arles and the Avignon Festival, this is the largest theater event in the world. The opportunity of course to roam the streets of these two cities camera in hand.

 

Avignon 2018.

 

 

Avignon 2018.

 

You’re going to think I’m having a blast with so many people around me, like a kid in a candy store. Well not really. I even had a hard time photographing in these two cities. I managed to make some interesting photos, but what I remember from these days is that I did not feel at home. I was only a tourist among others and I could not find my place in the middle of all these people in the streets. You remember that I wrote some time ago a Blog called : The grass is always greener on the other side. The attraction of novelty is supposed to boost our creativity. For me it has the opposite effect.

 

 

Arles 2018.

 

I need to know a city to feel at ease and to be able to take photos. Some will say that I have trouble when I get out of my comfort zone. This is not necessarily wrong. Aix-en-Provence is the city where everything started for me. It was here that I faced for the first time the eyes of others in the street. I would not say that I know the city perfectly, because there are places where I never hang out. But I know this city relatively well. A primordial thing that sticks to my approach style in the street, is to know the flow of people circulating in the city. I like being where it’s alive and bordelic. I like to find myself in the middle of the crowd with my Ricoh GRD IV.

 

 

I am at home in Aix. I have my little habits, my little spots where I can linger waiting for something to happen. In the end it is quite routine as a way to proceed, but I like it because even if the places are the same, it does not bother me because, I don’t photograph places but people. Aix-en-Provence is not very big and I often meet the same people. Besides, people are beginning to recognize me in the streets too. Especially those who work in the restaurant or in the shops. It happens, that they give me a little nod when I’m in Aix roaming with my camera.

 

 

When I spent a few days walking the streets of Avignon or Arles, I did not feel at home and that’s why I had a lot of trouble making photos. I did not know how to photograph these cities. I know that for many photographers it’s just the opposite. They have a hard time photographing at home and are free when they are elsewhere. I went back to Aix recently and it made me feel good because I felt like going home, to find my home with my little habits. I’m not talking about successful photos, keepers or even glory shots. It was just that nice feeling to come back to this familiar place that is the city where I spend a lot of my time.

 

 

My time in Aix-en-Provence is running out. I have been living there for 20 years and we took a decision with my wife. That of change, to go elsewhere. Our next destination will be Reunion Island, a small island lost in the Indian Ocean. Still nothing concrete for the moment, but as soon as an opportunity arises, I will ask for my transfer there. In a way, it will be a homecoming too because I’m from this island that I left 25 years ago. My work is intimately related to the city of Aix-en-Provence. I do not know yet how I will adapt elsewhere. But it is not yet relevant and it is Aix-en-Provence at my house right now and I intend to continue to document the streets of this city.

 

 

 

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Jeff Chane-MouyeJohn Harper Auteurs de commentaires récents
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John Harper
Invité

I looked up Reunion Island and this caught my eye….Volcanoes, Shark attacks and it holds the world records for the most amount of rainfall in 12-, 24-, 72- and 96-hour periods!!! Clearly you’ll be needing some kind of protection, for you and the Ricoh!
Evidently, and judging by those first few photos, Avignon and Arles produced some cracking stuff, or rather you did. They are brilliant, so you could say that you were comfortable there, but I understand as you’ve mentioned before that the grass is plenty green enough in Aix.

John Harper
Invité

I was about to pick my favourites from this post, this is trickier than usual because of the quality is very high. No2 (ice creams), No6 (very close up of the girl and the guy with the camera). Finally No 7 (the old lady and her gesture), I’d say hallmark Jeff Chane-Moyue.