Monographe 2


Encore dernièrement, Tim Huynh  le réalisateur du documentaire Fill The Frame, que j’avais interviewé récemment, me demandait pourquoi je ne revenais pas sur Facebook. Je peux le dire maintenant, j’ai été accroc aux réseaux sociaux. Toujours à checker sur mon tel combien de vues sur mes photos publiées, combien de likes … Un vrai drogué. Ce n’était pas pour moi un comportement sain. Je ne sais pas comment les autres gèrent ça, mais moi c’était invivable. De temps à autre, j’ai aussi eu des photos qui ont été mises en avant par des groupes Facebook, Instagram, 500px ou encore World-Street.Photography. Inconsciemment, pour chaque photo partagée, j’espérais que ma photo puisse plaire et soit mise en avant par les curators.

Je me suis brûlé les ailes. Je me suis perdu à la recherche de cette reconnaissance de pacotille. Je voulais que les gens aiment ce que je faisais. Et puis j’en ai eu marre de ce comportement et de laisser les autres décider ce que valaient mes photos. Certains diront que je ne suis pas assez détaché émotionnellement de mes photos et c’est le problème. Ce qui est sûr c’est que j’attachais beaucoup trop d’importance à ce que les autres pensaient de mon travail. La meilleure chose que j’ai pu faire ces dernières années aura été de clôturer mes comptes sur Facebook, Instagram, 500px et World-Street.Photography.

 

 

Bien sûr, en faisant cela, je me suis coupé de tout contact avec les autres photographes. Néanmoins certaines personnes ont gardé contact avec moi. On vous oublie vite dans cette vie numérique. Je ne suis pas aigri, juste lucide. Je ne pouvais pas demander aux gens de garder contact avec moi. C’est moi qui avait décidé de partir. Mais ça en dit long sur les comportements sur les réseaux sociaux. Le bon côté, c’est que je me suis enlevé cette distraction qu’étaient les réseaux sociaux pour me concentrer uniquement sur mon travail. C’est une des raisons pour laquelle mon travail est devenu plus consistent ces dernières années. J’ai gardé aussi, de mon côté, contact avec des photographes dont le travail me parlait. Parmi eux, il y a Alex Coghe, un photographe italien expatrié au Mexique depuis de nombreuses années. C’est un photographe qui m’inspire beaucoup. J’aime beaucoup son approche photographique et son Blog regorge d’articles très intéressants.

 

 

Quand Alex m’a contacté pour proposer de me publier dans son magazine TSPN (The Street Photographer Notebook), j’ai été agréablement surpris, car je n’apparais plus sur les radars depuis que j’ai quitté les réseaux sociaux. Il faut faire la démarche de venir voir mes photos sur mon Blog ou site internet. Et si Alex venait me proposer ça, c’est qu’il savait de quoi était fait mon travail. Ce travail qui a beaucoup évolué ces dernières années. Alex avait publié quelques unes de mes photos, mais c’était il y a 2 ou trois ans. Depuis mon style a changé et j’étais content d’avoir l’opportunité de montrer à un plus grand nombre ce que je fais maintenant.

 

 

Comme l’indique le titre de ce Blog, ils s’agit d’un Monographe. Dans ce TSPN n° 75, il n’y aura que mes photos. C’est comme le photobook que je n’arrive pas à réaliser. Alex m’a demandé de soumettre un nombre important de photos. Je ne savais pas au début sur quel thème. C’était à moi de décider et assez naturellement, j’ai décidé de soumettre que des photos sur le thème du « moment ». C’est ce qui me plaît le plus dans la Street Photography. Cet instant où toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour nous offrir LA photo. En la regardant, l’idée nous vient que c’est une photo posée tellement il y a des choses à voir dans le cadre. Même si je trouve cette expression de Henri Cartier Bresson surfaite, ça doit être ce qu’il appelait : le moment décisif.

 

 

Voilà donc, ce Monographe est disponible en version numérique ou imprimée via le site Peecho. Si ça vous intéresse de voir la sélection (54 photos) que j’ai faite ou tout simplement de mettre la main sur ce qui ressemble à un Photobook de mes photos … Je vous conseille ce TSPN 75 car c’est pas demain la veille que vous verrez ce fameux Photobook dont je vous ai déjà parlé.

Pour terminer, je tiens à remercier chaleureusement Alex pour cette publication. Ca me permet de sortir de ma grotte et de voir un peu de lumière, mais assez rapidement, je retournerais dans l’ombre qui me va si bien.

 

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2 commentaires sur “Monographe