Récemment j’ai eu un commentaire sur une vidéo YouTube d’une personne qui me disait que mes Blogs sur le Ricoh GRD 4 l’avaient donné envie d’en acheter un. Ça m’a un peu surpris car comme je l’ai déjà dit, j’écris essentiellement pour moi. Ce Blog est un journal personnel de mon parcours photographique. Je l’ai presque commencé en même temps que j’ai découvert la Street Photography en 2016. Je m’étonne toujours de voir la portée que peut avoir certains de mes articles.
J’avais passé 3 semaines lors de vacances à l’Ile de la Réunion à shooter exclusivement avec le Ricoh GR. Mais dès notre retour à Jouques, j’avais remisé le GR et j’avais ressorti mon vieux GRD 4 pour mon travail dans la rue. Il aura fallu de gros problèmes avec mes GRD 4 pour que je refasse des photos avec le GR. En gros, le GR me servait de backup en cas de pépin avec mon GRD 4. Il faut dire que le GRD 4 a été mon seul appareil pendant 2 ans. Je n’ai acheté un GR d’occasion que tout récemment. De passage à Bristol, j’avais récupéré un GRD 4 tout neuf, mais j’ai quand même tenu à utiliser le GR là bas. Pourquoi ? C’était l’opportunité pour moi de tester réellement l’appareil dans la rue. Je l’avais utilisé 3 semaines à la Réunion, mais c’était pour les vacances. C’est à Bristol que j’ai commencé à réaliser le potentiel du Ricoh GR.
Parlons tout de suite des choses qui fâchent. Certains vont dire que je radote, mais le GR est vraiment pourri en basse lumière. L’auto focus est vraiment minable quand la lumière vient à manquer. Ça me change du GRD 4 qui excelle avec son AF hybride. Au delà de 6400 ISO, les fichiers sont vraiment dégueulasses en couleur mais restent néanmoins exploitables en N&B. D’une manière générale, la montée en ISO n’est pas terrible sur le Ricoh GR … A côté de ça, le GRD 4 est bien meilleur avec son petit capteur. Dans des ruelles assez pauvres en lumière, en gardant la même profondeur de champ et la même vitesse, je suis à ISO 400 max alors que le GR monte aisément à ISO 1600 voire 3200. C’est 2 à 3 Diaph de différence.
Depuis mon retour de Bristol, mon avis sur le GR a changé. Je connais ses faiblesses, mais je connais aussi ses forces. Comparé au GRD 4, le buffer est incroyable. Plus besoin d’attendre 2 secondes entre deux prises de vue. Mais ce qui change surtout, c’est le capteur APS-C. Je perds en profondeur de champ, mais je gagne en dynamique ! Normal me direz vous, je passe d’un petit capteur 1/1,7″ à un capteur APS-C. Pourquoi ça change la donne ? Avec le GRD 4, je dois faire très attention aux conditions de lumière car la dynamique de l’appareil n’est pas terrible. Difficile de rattraper des éléments dans les hautes lumières et de sauver des informations dans les noirs … Le GR de son côté a une meilleur dynamique et me permet de moins prêter attention aux conditions de lumières dans la rue. Je ne change pas mes réglages quand je passe de l’ombre à la lumière. Ce que je faisais constamment avec mon GRD 4. Mine de rien, s’affranchir de ça me permet de plus me concentrer sur ce qui se passe dans la rue.
Ça fait maintenant plus d’un mois que je n’utilise que le GR dans la rue. J’ai appris à composer avec sa profondeur de champ moins importante. Quand on a pris l’habitude de ne pas soucier de cet élément, c’est assez perturbant de voir que certains éléments dans la photo ne sont pas net. Je dois faire attention sur la mise au point. Ce que je ne faisais absolument pas avec le GRD 4 qui était pour moi un Point & Shoot ! Le GR demande plus de discipline de ce côté là. Pour m’en affranchir, il faudrait que je shoote à f16, mais dans ce cas les ISO monteraient inexorablement … Mes réglages sur le GR sont assez basiques : f8 | 1/500s. Si les ISOs montent trop, suivant les situations, je dégrade l’ouverture, la vitesse ou sinon les deux !
Le GR est donc devenu au fil des semaines mon appareil pour mon travail dans la rue. J’ai été échaudé par mes mésaventures avec mes GRD 4. Le summum a été atteint quand j’ai eu des problèmes sur mes deux GRD 4 à Paris. Comme un con, je n’avais pas envie de m’encombrer de mon Fuji XE2 lors de ce séjour. Le GRD 4 est sorti en 2011. Même si Pentax assure encore le SAV du Ricoh GRD 4, les pièces commencent à manquer et ce n’est pas du niveau de Leica. Ces appareils ne sont pas fait pour durer. J’en suis à mon 4ème Ricoh GRD 4 en même pas trois ans. Je sais que le GR n’est pas exempt de défauts aussi (poussières sur le capteur …). Mais à la petite différence c’est qu’il y en a plein sur le marché de l’occasion en cas de problèmes.
Je sais que mon travail est très lié au Ricoh GRD 4. Je pense d’ailleurs que beaucoup de personnes ont découvert mon Blog au travers de mes articles consacrés à cet appareil. Michael Ernest Sweet m’avait dit à l’époque que ce Ricoh GRD 4 était une Street Legend. Rien que ça. Je suis entièrement d’accord avec lui. Aucun autre appareil ne me permettra de photographier d’aussi près les gens dans la rue, aucun autre appareil m’offrira cette profondeur de champ démentielle … Mais il y aussi le rendu des photos avec ce capteur CCD ! C’est organique et vraiment très beau. A côté le GR fait très numérique. Même en triturant les fichiers RAW, je n’arrive pas à la qualité du Ricoh GRD 4.
En switchant vers le ricoh GR, je sais que certains ne vont pas comprendre. Moi qui suis un des apôtres du Ricoh GRD 4… Moi qui ai toujours vanté la supériorité du GRD 4 ! Alors quoi, je retourne me veste ? Je vais être franc là dessus. Le GRD 4 est vraiment très bon, mais le GR me permet de moins me soucier de mes réglages dans la rue. Je voulais aussi arrêter cette Ricoh GRD 4 dépendance. Ces appareils même si on continue de les trouver sur eBay, sont de plus en plus rares. Et les acheter d’occase comporte des risques. Mes deux derniers GRD 4 ont d’ailleurs eu des soucis peu de temps après leur achat… Je sais que le GR peut aussi avoir des problèmes, mais en switchant, j’ai l’embarras du choix avec le GR, le GR 2 et même le tout nouveau GR 3 qui sont tous les 3 équipés d’un capteur APS-C.
Voilà pourquoi j’arrête d’utiliser le GRD 4 pour mon travail dans la rue. Enfin pas complètement, mais il n’est plus mon appareil principal. Ces deux dernières semaines j’ai néanmoins eu envie de photographier avec le GRD 4. Après plusieurs semaines passées avec le GR, je me suis trouvé pataud dans la rue, passant beaucoup de temps à modifier mon ouverture ou mon ISO en fonction de la lumière disponible. Il y a aussi des situations où j’ai regretté le GR. Ces sorties m’ont conforté dans mon choix de passer dorénavant sur le capteur APS-C. J’ai toujours considéré l’appareil photo comme un outil qui se mettait au service de ma vision. Le GR est l’appareil qu’il me faut dans la rue aujourd’hui.
Je vous ai regroupé dans un diaporama des photos réalisées ces deux dernières semaines avec le Ricoh GRD 4. En quelque sorte une sorte de Tribute à cet appareil qui m’aura accompagné ce deux dernières années dans les rues d’Aix-en-Provence. Toutes les photos ont été réalisées avec le Ricoh GRD 4.








