Confrontation en photographie de rue 2


La photo que j’ai utilisé pour ce illustrer ce Blog est absolument sans intérêt si ce n’est pour vous parler du sujet que je vais évoquer dans cet article. Il s’agit de la confrontation  qui peut arriver quand on pratique la Street Photography. En plus de quatre années passées dans la rue, j’ai très rarement eu des problèmes avec des personnes qui ne voulaient pas être pris en photo. De mémoire pas plus de 5 personnes sur Aix-en-Provence. J’ai essayé une seule fois de discuter d’une manière constructive pour expliquer les choses, mais comme vous devez vous en douter, ça ne marche pas. Les gens ont tendance à ne pas avoir une ouverture d’esprit qui permette d’avoir des échanges là-dessus. La confrontation fait partie du jeu quand on fait de la Street Photography.

 

 

Il faut dire que la pratique de la Street Photography est intimement liée à la confrontation. Nous photographions de parfaits étrangers sans leur demander leur accord. En tout cas c’est le cas pour moi … Je ne demande jamais l’autorisation aux personnes. Je sais pertinemment les droits qui sont les miens dans la rue, mais nous avons à faire à des gens comme vous et moi. Des gens qui ont peut être eu une mauvaise journée, qui ne sont pas en très bonne forme … Bref, même si je suis dans mon bon droit en prenant des photos dans des lieux publics, il y a le facteur humain qui change quelque peu la donne.

 

 

 

A Aix-en-Provence, j’ai évité les problèmes car les gens me prenaient pour un touriste asiatique et ne prenaient même pas la peine de s’arrêter pour argumenter avec moi. Ici à la Réunion les choses sont différentes. Dans cette situation que j’ai eu la semaine dernière, j’avais vu ce gars avec un pied sur le banc qui semblait attendre quelqu’un. Je me suis dit que son attitude était photogénique et que j’allais essayer de composer pour avoir quelque chose d’intéressant. C’est à ce moment que cet autre homme est passé dans mon cadre et j’ai pris une photo sans être convaincu que ça allait être d’un quelconque intérêt. Je commençais juste à travailler la scène en essayant de trouver une composition intéressante comme je le fais souvent.

 

 

C’est à ce moment que l’homme m’a interpellé en me demandant agressivement si je l’avais pris en photo. J’ai répondu à l’affirmative car je ne me cache pas pas et je n’ai pas honte de ce que je fais. J’ai eu droit par la suite à des menaces. Comme quoi je n’avais pas le droit de photographier les gens, que son père était un ancien policier et qu’il pouvait me créer des soucis. Vous savez de suite ici que discuter est inutile. L’homme était sanguin et je crois qu’il attendait que je rentre dans son jeu pour en venir aux mains. c’est la première fois que j’avais affaire à ce genre de confrontation dans la rue. Qu’est ce que j’aurais pu faire ? Défendre mes droits bec et ongle quitte à faire intervenir la police ? Non au final ça aurait été une perte de temps. J’ai préféré le laisser proférer ses insultes et menaces et le laisser partir.

 

 

Certains vont dire que je ne rends pas service à la Street Photography en agissant ainsi. Mais je ne suis pas Don Quichotte qui va se battre contre les moulins à vent.  Je veux bien essayer de discuter avec des gens qui veulent bien écouter et argumenter. Mais dans cette situation précise, il était évident que si je devais argumenter avec lui, on en aurait fini aux mains, ou en tout cas son poing aurait fini sur ma face ! Même si je sais que je m’expose à ce genre de situations en faisant de la Street Photography, je pense que je n’ai pas été assez exposé à suffisamment de confrontations pour que ce genre d’épisode ne m’atteigne pas. Je sais que je ne faisais rien de mal et que je continuerai à documenter les rues malgré ce genre de désagréments. Je ne photographie jamais les gens dans des situations dégradantes. Très souvent je les photographie parce que je les trouve beaux.

 

 

Cette situation m’a quelque peu déstabilisé et m’a fait me questionner aussi sur ce que je fais dans la rue. Mais j’arrive toujours à la même conclusion. Je ne brandis pas une arme mais un appareil photo. Je documente les rues de ma ville et j’aime capturer des scènes de la vie. Même si ma démarche n’est pas comprise ou mal comprise, je continuerai d’arpenter les rues pour capturer des scènes de la vie de ma ville.

Toutes les photos ont été réalisées avec le Ricoh GRD4.

 

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2 commentaires sur “Confrontation en photographie de rue

  • jean Perenet

    Bonsoir, ce que tu relates m’est également arrivé plusieurs fois. Pour ce qui est du droit à l’image et de la jurisprudence, il y a un article intéressant dans le dernier réponse photo. En général quand ça m’arrive, j’efface la photo devant la personne pour éviter les problèmes. Ca a failli tourner mal une fois et j’avoue que ça refroidit un peu mais c’est vite oublié. Bonne continuation et bonne soirée
    Jean

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Je n’ai même pas eu l’occasion d’effacer la photo. L’homme était déjà très énervé et je ne pense pas qu’une discussion constructive aurait pu avoir lieu… Les gens sont très sanguins à la Réunion. Ça doit être le soleil ☀️😊