Behind this shot : the wheelchair 4


Ca fait un moment que je n’ai rien écrit et encore plus longtemps que je n’ai pas fait de Behind This Shot. J’ai fait cette photo hier. J’étais juste garé sur un parking un peu miteux et je me rendais dans un magasin pour récupérer un document. Le parking est juste à côté d’une vieille station de lavage de véhicules. Elle est abandonnée, mais la structure de l’installation est encore là. Je passe souvent devant cet endroit et je pensais que cette station était toujours en activité. Mais il est évident que plus personne ne vient ici, en tout cas pas pour faire nettoyer son véhicule. De vieilles batteries de voitures et toutes sortes de pièces auto traînent par terre.

Juste à côté de cette vieille station, il y a un vieux hangar avec des ouvertures rondes. Comme il y a un peu de vent, je vois des rideaux virevolter au gré du vent. Ce qui m’attire, c’est qu’il me semble distinguer un fauteuil roulant. Le soleil entrant par une des ouvertures circulaires illumine ce fauteuil. Autant vous dire que mon regard est attiré par cette situation surréaliste. Que vient faire un fauteuil roulant dans un endroit abandonné et miteux comme ça ? Je passe la tête à l’intérieur du hangar et je vois différentes grosses poubelles. Ca ressemble à un squat abandonné à première vue, mais les rideaux qui ont été installés aux fenêtres ont l’air assez récents et donnent un petit côté cosy à ce hangar. Il y a aussi quelques chaises en plastique à l’intérieur.

 

 

A y regarder de plus près, ça ressemble aussi à un lieu où pourraient avoir lieu des petits trafic de choses pas très catholiques. Je fais un peu attention car je ne veux pas avoir de soucis et je prends rapidement quelques photos de cette scène. L’élément central est bien sûr pour moi le fauteuil roulant. Une bonne dizaine de mètres me sépare de la fenêtre devant laquelle il se trouve, mais vu d’ici, il ne m’a pas l’air en mauvais état. J’essaye différentes compositions en jouant avec les rideaux qui virevoltaient avec le vent, mais rien de bien folichon. Il y a peut être mieux à faire et c’est là que je vois ces formes arrondies qui se répètent dans la scène qui est devant moi. La fenêtre devant laquelle je me trouve, la fenêtre derrière le fauteuil roulant, les roues du fauteuil et aussi les motifs sur le rideau. Je suis aussi content d’avoir dans la composition, cette palme de palmier qui donne une petite touche organique à cette scène.

 

 

J’aime beaucoup cette photo car elle est très mystérieuse et la présence de cette chaise roulante interpelle. Elle est placée près d’une fenêtre, comme le sont souvent les chaises roulantes dans les habitations. L’endroit où on peut observer le monde extérieur alors qu’on est coincé avec sa mobilité réduite. Mais là il manque la personne qui devrait être dans cette chaise roulante. La lumière est parfaite avec un premier plan et un arrière plan lumineux et une partie sombre au milieu. Bref une belle opportunité de photo. Le genre de situations qui se produisent lorsqu’on s’y attend le moins. Je suis allé récupérer mon document. Je suis repassé devant cette scène et je me suis rendu compte que la lumière avait changé. J’ai bien fait de cliquer avant …

 

 

Les photos ont été faites avec le Fujifilm XF10.

 

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4 commentaires sur “Behind this shot : the wheelchair

  • Jérôme Landré

    Hello Jeff, bien vu !
    On peut douter qu’une telle image qui aurait été pensée, puis construite (comme cela se pratique dans la photo contemporaine), comporterait autant d’éléments qui lui donnent ce côté étrange (voire surréaliste). En d’autres termes, je suis convaincu que le réel a moins de limites que l’imagination (contrairement à l’idée reçue).
    Sinon, et même si je ne suis pas du genre à être obsédé par le matériel, je suis tout excité suite à l’annonce du GRIIIx. Il arrive à point alors que depuis déjà quelque temps je me sens moins à l’aise avec le 28mm (au point de ne plus « sortir » d’images que j’estime dignes d’être montrées). Il faut dire que le 28 exige une proximité que la crise sanitaire ne permet plus beaucoup ! Ma seule crainte est le passage à l’APS-C et de ne pas retrouver ce rendu caractéristique du petit capteur de la série GRD (et en plus de 10 années, je m’y suis attaché !)

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      Hello Jérôme, c’est assez étonnant de voir comme les choses se mettent en place toutes seules comme si on avait scénarisé quelque chose. C’est ce qui est assez beau dans la Street Photography. Que ce soit dans ce genre de situations ou encore dans la capture de scènes où on a l’impression d’avoir devant nous des acteurs qui ont été disposés ça et là pour la rendre réel. C’est ce qui est le plus dur et le plus gratifiant en Street Photography. Donner cette illusion que c’est une scène montée de toute pièce. Ce sont ces petits moment de grâce qui font que je ne me lasse jamais de faire des photos dans la rue. Ces moments sont précieux et très rares. Depuis que je fais de la Street je n’en compte pas beaucoup dans mes photos …
      J’ai lu des rumeurs sur ce fameux GR3 avec 40mm. Perso, ça ne m’attire pas plus que ça. J’avais acheté le pancake 27 mm pour mon Fuji XE2 et j’ai trouvé ça, pas assez large pour moi. Depuis que je fais de la Street depuis 2016, je shoote au 28 mm et mon œil a besoin d’espace. C’est aussi bien une question d’habitude, que la volonté d’avoir plein de choses dans mon cadre. Ricoh essaye de marcher peut être sur les plate bandes de Fuji avec la série X100 (35 mm). Je suis assez dubitatif, je ne sais si Ricoh trouvera son public pour une telle focale. Je trouve aussi dommage que Ricoh brouille aussi les pistes en appelant cet appareil Ricoh GR3x … Le 28 mm ne demande pas forcément d’être très près des gens. J’essaye d’avoir des compositions plus « aérées » ces derniers temps. Ce que le 28 mm oblige, c’est d’être attentif à ce que tu vas mettre dans ton cadre. En tout cas avec le 40mm de Ricoh, tu peux oublier le snap mode ! 😉

      • Jérôme Landré

        Avec le petit capteur et le 28 je n’utilise que le snap mode. Ce sera plus délicat avec un 40 devant un grand capteur. Et s’en passer me semble difficile même si l’autofocus a certainement fait de gros progrès depuis la série GRD.
        Bref, cette annonce (ce n’est plus une rumeur : il sera bien dispo dès octobre) m’a fortement titillé mais je n’ai pas pris ma décision. Je me méfie de l’illusion qu’un changement de matériel pourrait « relancer » sa pratique. C’est peut-être mon approche des sujets que je dois reconsidérer. Mais, si l’on n’est pas obligé d’être à 1,5 m (ou moins !), il est quand même difficile de composer avec rien à moins de 3/4 m. Et je ne sais pas comment est l’atmosphère dans les rues de St-Denis mais, ces derniers mois à Paris, on sentait bien que chacun tenait à sa « bulle ».
        Je me donne quelques semaines pour réfléchir et, surtout, reprendre activement le GRD et voir comment je peux adapter ma façon de l’utiliser. Ce sera ça le défi !

        • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

          La vie est comme avant ici chez nous. Mis à part les masques… La vie reprend et on a connu une période un peu compliquée avec le taux d’incidence qui s’était envolé pendant les vacances de juillet août. Mais depuis le serrage de vis et les semi confinement son a eu depuis, le tx a baissé et le vie reprend. Les samedis, les rues sont bondées. On avait en plus le début des soldes ! Bref. On faire gaffe mais les choses se normalisent ici