2016 re-processing 3


Je vous avais dit que j’avais commencé à travailler sur un livre qui regrouperait des photos de mes 3 années passées dans les rues d’Aix-en-Provence. J’ai déjà effectué une sélection d’à peu près 130 photos. J’avais mis en pause ce projet car je n’étais pas satisfait du processing de certaines vieilles photos. Le problème c’est que je n’avais plus la main sur ces photos car j’avais perdu les fichiers RAW lors d’un crash de Disque Dur. Enfin j’avais malencontreusement fait tombé le HDD par terre et depuis ils ne fonctionnait plus. J’ai quand même attendu 4 ans avant de me pencher sur la question. J’ai donc envoyé le HDD défectueux pour une récupération des données en chambre blanche. Ca m’a coûté la coquette somme de 800€ …

J’ai donc récupéré l’intégralité de mes fichiers RAW de l’époque où j’utilisais le Fuji XE2. Ces photos datent toutes de 2016. L’année où j’ai commencé à faire de la Street Photography. Mes photos sont très ancrées dans cette époque pas si lointaine et pourtant je ne me reconnais plus dans ces photos. Je ne renie pas le travail que j’ai fait, mais je ne me reconnais pas dans ce processing agressif. J’avais découvert la Street Photography avec Eric Kim qui est un gros Bloggeur qui a popularisé ce style photographique. D’ailleurs je dois reconnaître que j’ai copié son style car j’aimais ce qu’il faisait. J’aimais ces photos sales, granuleuses, très contrastées. Depuis mon style photographique a évolué et je regrettais de ne pas pouvoir retoucher mes vieilles photos de 2016 … Je suis donc content d’avoir remis la main sur ces fichiers RAW pour remettre à jour des photos qui feront sûrement partie de mon livre sur Aix-en-Provence. Je vais vous présenter quelques photos de 2016 retouchées en 2020. La différence est assez notable. J’ai utilisé un petit programme reVision qui permet de compiler les deux photos pour avoir un « avant » « après ». Il vous suffit juste de faire bouger la barre blanche verticale.

 

  • #1

Cette photo ne fait pas partie de ma sélection Aix-en-Provence, mais je voulais la retoucher car même si elle a un certain charme avec ses blancs cramés, ses ombres bouchés, son côté sale, je voulais retoucher cette photo comme je le ferai en 2020. Ca m'a fait un choc de voir la photo nouvellement retouchée. Tous ces détails du visage qui étaient noyés dans un contraste trop poussé à l'extrême.

 

  • #2

Cette photo fait partie des photos sélectionnées pour mon livre. Ici il y a plusieurs choses. Je n'aimais pas ce processing poussé à l'extrême et la retouche 2020 est beaucoup plus équilibrée avec moins de clarté et avec un contraste mieux maîtrisé. La photo de 2016 est aussi recadrée. J'avais des choses à prouver en 2016 et je pensais à tort qu'il fallait être très près des gens pour faire une photo réussie. Au final cette photo est bien plus intéressante non recadrée.

 

  • #3

Là encore, le post-processing ultra agressif nuit à la photo et le recadrage pour avoir l'horizon droit est inutile. Je préfère de loin la version 2020 qui offre bien plus de détails dans les blancs et les noirs. Cette photo ne fait pas partie de ma sélection initiale sur Aix-en-Provence, mais cette version 2020 pourrait se faire une place dans un futur livre.

 

  • #4

Cette photo a été aussi légèrement recadrée à l'époque car je voulais éliminer un élément indésirable sur la droite de l'image. Ce qui est fou, c'est qu'aujourd'hui en 2020, ces imperfections ne sont plus importantes et je préfère les garder et ne pas recadrer les photos. J'ai arrêté de chercher la perfection dans la rue. La rue est bordélique et mes photos sont le reflet de ce que je vois dans la rue. Bien sûr j'essaye d'ordonner tout ça dans le cadre de ma photo, mais si imperfection il doit y avoir, je vis avec et je ne l'élimine plus.

 

  • #5

A l'époque où je donnais des noms à mes photos, j'avais appelé celle là : Strike a pose ! J'aime beaucoup cette photo car elle est très "Aixoise". Des touristes japonais, le petit snack "Aux délices du Palais" qui parlera aux Aixois. Cette photo a aussi un caractère documentaire car depuis cet endroit a changé avec les travaux dans le centre ville d'Aix-en-Provence. Là aussi le processing moins contrasté rend honneur à ce moment capturé du côté du Palais de justice.

 

  • #6

C'est la première photo où des gens m'ont contacté car ils s'étaient reconnus dans le petit restaurant où mes photos étaient exposées. Pour la petite histoire on pourrait croire que c'était une bande de 4 individus : 3 filles et un garçon assis sur le pas de porte d'un immeuble. Mais en fait la fille à droite ne fait pas partie de la bande mais était juste assise à côté des autres jeunes. C'est la fille qui me fait un petit coucou de la main qui m'a contacté pour avoir un tirage de la photo pour elle et ses amis. J'aime beaucoup l'attitude des 4 protagonistes avec le garçon qui me toise du regard. Là aussi cette photo était trop contrastée et je suis content de retrouver des détails.

 

  • #7

Cette dernière photo a aussi un caractère documentaire. L'établissement a changé de propriétaire et a été entièrement rénové et ces volets en bois ont été enlevés. Pour avoir beaucoup photographier les rues d'Aix-en-Provence, j'ai été témoin de nombreux changements qui se sont opérés dans cette ville. On s'habitue vite aux nouvelles devantures, aux nouveaux magasins ... Mes photos sont là pour montrer à quoi ressemblait Aix-en-Provence durant cette période. C'est pour ça aussi que j'aime tant faire de la Street Photography. C'est un travail de mémoire.

Je n'ai pas encore eu le temps de parcourir tous les fichiers RAW que j'ai récupéré. Ce travail demandera du temps, mais je suis bien content d'avoir investi ces quelques 800€ !

Toutes les photos ont été réalisées en 2016 avec le Fuji XE2|18 mm f2.

 

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3 commentaires sur “2016 re-processing

  • jean Perenet

    Bonjour Jeff,
    il est vrai qu’avec LR ou PS ou tout autre logiciel de retouche (capture 1 etc), lors des premières utilisations de ces derniers le premier réflexe est de pousser la saturation, la netteté et
    d’ augmenter les contrastes au maximum et on se dit intérieurement oui ça claque! Ricoh utilise ce procédé avec son noir et blanc contrasté (option max, celle que doit employer Eric Kim) ou le film positif en poussant les curseurs (enregistrables directement en RAW sur les derniers modèles GR). Après des années de traitement on s’aperçoit qu’on fait le chemin inverse. On essaye de déboucher un peu les ombres, adoucir les contrastes et retrouver contraste ou un colorimétrie plus naturelle pour aboutir à une image plus équilibrée. C’est la même chose pour le noir et blanc, au départ on ne conserve que les blancs et les noirs et peu à peu on va récupérer des gris. Avec le GRD4 ou le GR2 ou le Leica X2 je ne retouche pratiquement plus mes images car les appareils modernes offrent une colorimétrie très proche de la réalité et un post-traitement agressif ne fait que déformer la vision originale. ça me fait penser aux anciens papiers Ilford non multigrade à l’époque de l’argentique où tu pouvais acheter une grade 4 hyper contrasté où tu bouchais toutes les ombres, perdais de nombreux détails mais qu’est ce que ça claquait! Les contrastes importants peuvent être une écriture photographique assumée mais personnellement je pense qu’ on perd énormément de détails et de nuances.C’est flagrant sur la série d’images où tu as un noir et blanc dur à gauche de l’image et un rendu plus modelé avec des nuances de gris à droite. Bon courage pour finaliser ta publication.
    keep safe from the virus
    Jean

    • Jeff Chane-Mouye Auteur de l’article

      On essaye de se donner un style quand on débute. Le High Contrast, ça claque, c’est catchy, ça donne un style dark, sale et j’ai longtemps fait ça car au final ça masquait pas mal de choses dans ma photographie. J’avais l’impression d’avoir un certain style. Pousser au maximum tous les curseurs et c’était bon ! comme je l’ai dit j’ai été beaucoup (trop peut être) influencé par Eric Kim quand j’ai commencé la SP. J’ai bu ses paroles comme du petit lait. Mais au final j’ai rapidement eu l’impression de tourner en rond et de faire toujours la même chose. Plusieurs photographes m’ont ouvert les yeux. Alec Coghe est l’un d’entre eux et j’apprécie vraiment beaucoup son travail et son approche de la photographie. Mon post processing s’est adouci. J’essaye d’avoir plus de nuances dans mes photos en N&B et aussi quelque chose de plus naturel en couleur. Je vieillis, ça doit être ca ! ^^

      • jean Perenet

        Je ne pense pas que ce soit le vieillissement mais on perd trop de détails à shooter comme Eric Kim. Il se peut qu’il aime les rendus à la Daido Moriyama. Avoir un léger contraste pour récupérer quelques noirs profonds où le Ricoh excelle oui mais noyer la moitié de l’image ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Tes images moins contrastées gardent ces valeurs tout en déclinant de belles nuances de gris. Les très contrastées me font penser à de la Tri X développée dans un révélateur rapide et agressif qui à l’époque effaçait tous les détails. Trouver le juste équilibre entre contraste et nuance de gris, c’est la que l’exercice devient difficile en post-traitement. De mon expérience avec les Ricoh GR et GRD, j’obtiens de meilleurs résultats en shootant en couleur et en transformant les images en noir et blanc. j’arrive plus facilement à conserver davantage de nuances et de détails avec cette méthode. Après 7 ans d’utilisation du GR on arrive à peu de choses près au même résultat en adoucissant le mode fort contraste en réduisant les valeurs -2 et en diminuant une peu la netteté par rapport à la valeur médiane. Je sais pas si tu peux garder le noir et blanc contrasté en shootant avec le GRD4. Bon courage pour la mise en forme de ton livre
        Jean