Work with constraints


Les photographes de rue savent qu’il y énormément de choses qu’on ne maîtrise pas dans la rue. La lumière, les éléments indésirables, les imprévus… C’est ce qui rend les choses si intéressantes. En tout cas de mon point de vue. Ça demande beaucoup d’anticipation, d’observation. Observer une scène pour savoir comment on va pouvoir composer pour la rendre intéressante.

 

 

L’appareil photo, je le vois plus comme une contrainte même si au final c’est l’outil qui va nous permettre de capturer le moment. Pourquoi contrainte ? Il y a déjà les limitations techniques de l’appareil, la focale choisie. Les appareils récents sont de plus en plus performants. AF de plus en plus rapide, burst mode de folie, très performants à base lumière… C’est vrai que les appareils photos les plus récents sont vraiment des bêtes de course. Moins de contraintes permettent aux photographes de rue de se concentrer uniquement sur les scènes à capturer.

 

 

En utilisant le Ricoh GRD4, je prend le contre pied de la tendance actuelle. J’utilise un vieil appareil photo qui dispose de contraintes qui rebuteraient pas mal de photographes. 10 Mp, buffer qui nous oblige à attendre presque 2 secondes entre deux prises de vue, mauvais à base lumière.. Ces contraintes, je les accepte car l’ergonomie est bien meilleure que sur la plupart des appareils photos et j’ai appris à composer avec elles et je ne les ressent même plus ! Enfin quand il m’arrive de ressortir mon Ricoh GR (celui à 16 MP avec capteur APS-C), le GRD4 prend un sérieux coup de vieux … Je ne vous rappelle pas pourquoi je continue de shooter avec cet appareil. Vous n’avez qu’à relire mes vieux articles sur le Ricoh GRD4.

 

 

 

Le week-end dernier, nous sommes allés nous aérer la tête dans un hôtel à Boucan Canot. Une plage que les enfants apprécient beaucoup car il y a des vagues. Ils adorent s’amuser dans les rouleaux qui viennent s’écraser sur la plage. Je suis allé un peu avec eux et c’est assez amusant. On a l’impression d’être en mode essoreuse dans le lave linge ! On ressort de là un peu déboussolé et avec l’équivalent de 2 kgs de sable dans la maillot ! Au bout d’un moment, j’ai préféré rester au bord pour les surveiller. On repère rapidement les parents dont les enfants sont à l’eau. Ce sont les sentinelles qui veillent comme moi qu’il n’arrive rien à leurs progénitures.

 

 

 

C’est là avec les autres parents que je me suis installé. En plein cagnard… Pour m’occuper, j’ai quand même pris mon petit Ricoh pour capturer quelques scènes. La veille, je me suis rendu compte que j’ avais une poussière assez gênante en plein milieu de mon capteur. Si le Ricoh GR est un véritable ramasse-poussières, le Ricoh GRD4 ne souffre pas vraiment de ce problème. Je pense que ça vient de la taille du capteur. Bon là, pas de bol pour moi. Après quelques tests à différentes ouvertures, je me rend compte que la poussière est invisible à f4. À partir de f5.6, elle est visible. Donc voilà une nouvelle contrainte avec mon Ricoh GRD4. Je ne dois pas fermer mon diaphragme au delà de f4 (j’ai déjà une DoF de folie avec mon petit capteur à f4). Ce n’est pas bien gênant sauf quand j’ai affaire à des scènes très lumineuse comme à la plage… Mauvais combo : écume blanche, ciel bleu azur… Bref. Autant vous dire que j’ai du utiliser la sous exposition pour ne pas avoir de photos cramées et c’était même parfois limite ! Même en descendant les Iso à 80, ma vitesse était de 1/2000s. C’est à dire, ma vitesse max. Et la photo était quand même surex. J’ai donc systématiquement sous-exposé de 2 diaphs pour essayer de rattraper le coup.

 

 

C’est dans ces conditions que je suis resté à faire la sentinelle en plein soleil pour surveiller mes enfants qui s’amusaient dans les vagues. Comme vous pouvez le constater sur les photos, la plage était bondée. C’est les vacances ici et c’est toujours l’été. Nous sommes soumis à un couvre feu mais pas encore de confinement chez nous. Je ne sais pas combien de temps ça va durer mais on profite comme on peut avant de futures potentielles restrictions. J’avais écrit un blog il y a quelques années de ça : To be still. Ce jour là, c’était un peu la même chose. J’ai laissé déroulé devant moi plein de petites scènes en essayant de capturer quelque chose d’intéressant. Rester planté au même endroit était une contrainte de plus, mais au final ces contraintes qu’elles soient matérielles ou de situations, me poussent à être plus créatif.

Toutes les photos ont été réalisées avec le Ricoh GRD4.

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