What will you leave behind when you die ?


J’ai publié il y a quelques jours le diaporama du mois de juin sur ma chaîne YouTube. Au détour d’une discussion sur le fait que toutes les photos étaient en couleur, John Harper m’a rapporté une triste nouvelle à propos d’un photographe qu’on connaissait tous les deux. Lindsay Zee, un photographe australien que j’avais rencontré en 2016 sur la plateforme 500px nous avait quitté. On s’était perdu de vue depuis que j’avais coupé tous les ponts avec les réseaux sociaux. On arrivait à discuter un peu quand j’étais sur Facebook, mais depuis je n’avais plus de nouvelles de lui. Je ne peux pas dire que c’était un ami dans le sens où je ne l’avais jamais rencontré et que nos échanges se limitaient presque toujours qu’aux commentaires sur nos photos respectives, mais c’est quelqu’un que j’appréciais et il me semble qu’on aurait pu être amis si on était sorti de cette sphère digitale. Ca fait toujours bizarre d’avoir ce genre de nouvelles. Je ne le connaissais pas, mais entendre que quelqu’un est parti définitivement est toujours triste …

 

 

Je suis allé voir sur 500px voir si sa page existait toujours. Vous pouvez y jeter un coup d’œil ici. Je savais qu’il avait complètement changé de style de photos. Quand on s’est rencontré, il s’essayait à la Street Photography, mais il s’est vite rendu compte que c’était compliqué et que ça ne lui convenait pas. Et pourtant il aimait regarder les photos des autres photographes de rue ! Il avait commencé avec beaucoup de talent à faire des photos avec des modèles. Je ne sais pas comment s’appelle ce genre de photos, mais je dois dire qu’il était vraiment bon. Je l’avais un peu taquiné à l’époque en lui disant que ce n’était qu’un prétexte pour photographier de jolies filles dans des poses lascives. Même quand il faisait de la Street Photography, son œil était irrémédiablement attiré par de jolies filles dans la rue. Bon je vous rassure tout de suite, c’est pratiquement toujours le cas pour les photographes de rue, moi y compris … Mais certains plus que d’autres. Lindsay faisait partie de ceux là !

 

 

Cette disparition m’attriste et me fait poser la question de savoir ce qu’on laisse derrière nous quand on part. Bien sûr il a les choses matérielles qui sont gérées par les notaires. Les choses plus personnelles seront récupérées par les proches. Des souvenirs dans la mémoire des amis et des proches. Mais le reste ? Je parle bien sûr de la propriété intellectuelle, de sa vision des choses. Je vais prendre un cas concret. Moi. Que va devenir tout mon travail dans la rue ? Aujourd’hui, je paye un service Cloud pour stocker mes photos, un hébergeur pour mon site internet. Si je devais mourir, ces deux éléments vont disparaître à très court terme sauf si je prend des dispositions dans un testament pour demander à mes légataires de continuer à payer les service d’hébergement de mon site internet. Mais qui fait ça ?. Resteront que les photos qui s’empilent sur mes disques durs. C’est à dire des 0 et des 1 … Je ne suis ni Garry Winogrand, ni Vivian Maier. Personne n’ira farfouiller dans mes archives pensant trouver quelque chose d’intéressant. au bout d’un certain temps, mes disques durs rendront l’âme et tout mon travail sera perdu.

 

 

Tous les liens de mes photos sur Google aboutiront à des liens morts car mon site n’existera plus. Ne restera au final que mes diaporamas partagés sur ma chaîne YouTube. Ca aurait pu être la même chose si j’étais resté sur Facebook, Instagram ou encore 500px. C’est assez comique dans un sens, car je n’arrête pas de fustiger les réseaux sociaux et au final, si je devais disparaître, c’est eux qui qui laisseraient une trace de mon travail, de mon nom. Dans 1000 ans, si YouTube existe toujours, mes photos seront toujours visible dans les diaporamas. Je dois dire que ce n’est pas comme ça que je voyais les choses.

 

 

Mais soyons honnête, à l’échelle mondiale, je ne suis rien. enfin je suis juste un de ces photographes qui arpente inlassablement les mêmes rues et qui fait des photos. Mais ça ne veut pas dire que mon travail est insignifiant. Pour moi il a du sens. C’est à mon niveau que je me place et c’est pourquoi je me pose cette question de ce qui restera quand je vais partir. Ca rend d’autant plus intéressant la démarche qu’ont eu certaines personnes en publiant un livre. Même sur des tirages assez limités, ce sont autant de petites bouteilles jetées à la mer. Votre travail, vos photos vous survivront car ces livres existeront toujours et plusieurs générations pourraient voir vos photos. Je ne pense pas que les photographes pensent à ça quand ils réalisent un livre. La finalité est plutôt de partager et de voir ses photos couchés sur du papier au lieu de les regarder sur un écran d’ordinateur. Mais cette dimension de mémoire est bien présente dans un livre. Je préfère largement me dire que les gens pourront découvrir mon travail dans un livre que dans un vulgaire diaporama sur YouTube !

 

 

Vous ne le savez peut être pas, je suis un procrastinateur. Au grand damne de Gwen ma femme d’ailleurs … Il y a tant de choses à faire que je préfère vous dire tout de suite qu’un livre photo est loin de voir le jour. J’ai le temps … C’est ce que je me dis et que rien ne presse. Pourquoi perdre du temps à travailler là dessus alors que je pourrais plutôt aller dans Saint-Denis faire des photos ? Je continue d’empiler les photos sur les disques durs. Mais un jour viendra où j’irai rejoindre Lindsay de l’autre côté et je rencontrerai enfin la personne que je n’ai pas eu le temps de rencontrer ici. R.I.P Lindsay, ça m’a fait plaisir de revoir ces photos vieilles de 2016 sur 500px. Je me rappelle de chacune d’entre elle. Ca fait presque un mois que je n’avais rien écrit sur mon Blog. C’est juste que je n’avais rien à dire … Promis Lindsay, je n’attends pas une prochaine mauvaise nouvelle avant d’écrire à nouveau !

 

 

Toutes les photos ont été faites avec le Fujifilm XF10.

 

 

 

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