Is post-processing cheating ? 4


(English version at the bottom of the page)

Regardez cette image, que j’ai récemment faite dans Aix-en-Provence. Bien sûr ce n’est pas ce que mes yeux ont vu, mais ce que j’ai imaginé en prenant cette photo. Je m’étais posté à cet endroit très passant près de la Place de la Mairie et mon regard a été attiré par cette homme de grande taille, tout habillé de noir avec un chapeau. Il passait un coup de fil et attendait quelque chose (il appelait en fait un taxi …). Je suis resté un petit moment à essayer de l’intégrer dans une composition. Quand je l’ai vu se retourner vers moi, j’ai tout de suite été attiré par la blancheur de sa main. Quand on a un état d’esprit Noir & Blanc, on sait tout de suite reconnaître ces moments qui fonctionneront en monochrome.

Je shoot en RAW et donc l’aperçu que me donne mon Ricoh GR au dos de mon appareil est très éloigné de l’image mentale du rendu final de la photo réalisée. Il y avait de grosses différences de contrastes dans cette photo et je savais que je pouvais jouer là-dessus pour arriver à ce que je voulais. Dans mon précédent Blog, je vous parlais du côté documentaire qu’avaient certaines de mes photos. Ici clairement, ce n’est plus le cas. C’est une distorsion de la réalité qui a été le moteur de cette photo.

 

Fichier DNG brut (RAW)

 

Cette photo a un petit côté irréel. Je n’ai en tout et pour tout, passé pas plus d’une minute en retouches photos pour arriver à ce que je voulais. Je ne suis pas un grand fan de Lightroom. Je passe très peu de temps dans le post-processing. Ça ne veut pas dire que je ne le fais pas. J’utilise toujours les mêmes réglages et ça me permet de gagner du temps. Enfin surtout de ne pas trop en perdre.  C’est toujours la même chose. Olivier DUONG d’Inspired Eye, m’a refilé des presets pour le N&B. J’en ai trouvé un qui me plaît bien et je n’utilise que lui. Par la suite je joue uniquement avec les curseurs Luminosité, Contraste, Hautes lumières, Ombres, Blanc, Noir et Clarté. De temps en temps un peu de vignetage mais c’est tout. Pas plus d’une minute par photo. De temps en temps, j’utilise le pinceau de retouche localisée pour éclaircir ou assombrir. Ici je l’ai utilisé sur le visage car je voulais le plonger dans l’ombre.

 

 

Revenons au sujet de ce Blog. Est ce que j’ai triché en retouchant la photo de la sorte ? Mes yeux n’ont pas vu cette scène comme je la retranscris après processing. Avec Lightroom, les possibilités sont infinies et je suis le premier à pester quand je vois des photos retouchées de manière excessive. On voit surtout ça dans la photo de paysage, mais on en voit aussi dans la photographie de rue. Cette mode de la photo hyper contrastée avec des aplats noirs qui donnent un aspect très graphique aux photos. On noie les détails gênants dans l’ombre pour ne garder que ce qui nous intéresse dans les hautes lumières. Je fais beaucoup de ce genre de photos aussi même si j’ai tendance à m’en éloigner ces derniers temps.

 

 

Je maîtrise assez bien ce genre de photos et je sais comment ça fonctionne. C’est terriblement efficace et le résultat est percutant. En utilisant les outils (Lightrooom) ou uniquement en exploitant les fortes différences de luminosité d’une scène, vous pouvez donner une interprétation de ce qui se déroule devant vous. L’œil a une dynamique sans commune mesure et même si il y a des forts contrastes, il réussira à ne pas vous imposer des aplats noirs dans votre vision d’une scène. En quelque sorte, nous ne voyons pas le monde avec des aplats noirs …

 

 

 

D’une manière générale, la photo de rue est une interprétation de la réalité. Que ce soit par le contenu mais aussi par la forme en l’occurrence ici. J’ai beaucoup parlé de contenu dans mes Blogs, mais la forme est importante aussi. Nous avons avec Lightroom ou tout autre logiciel de retouches cet outil qui va nous permettre de réaliser la photo que nous avions imaginé. La photo n’existe pas au moment de la prise de vue. Elle n’existe qu’après le post-processing. Certains vous diront même qu’elle n’existe qu’une fois imprimée … Qui n’a jamais entendu :  « Ah , elle est jolie cette photo, mais t’as fait des retouches non ? » . Les aperçus que nous donnent les appareils photos, c’est à dire les jpegs ne sont que des interprétations des photos faites par les logiciels présents dans les appareils. Pour faire simple, un même fichier DNG (format RAW universel) donnera des jpegs différents sur un Leica, Canon, Nikon, Fuji, Pentax, Sony … Alors ceux qui pensent que le jpeg est l’image non retouchée, ils se fourrent le doigt dans l’œil (ouch).

 

 

De tout temps, les retouches ont existé. On n’ a pas attendu l’avènement de l’informatique pour retoucher les photos. Pour parler du N&B, ce que nous utilisons actuellement sous Lightroom se faisait aussi du temps de l’argentique (Dodge & Burn, masquage …). Alors retoucher c’est tricher ? Je pense que ce qui est important de comprendre, c’est que la photographie de rue, c’est une vision très personnelle de ce qui se passe devant nous. Comme je l’ai souvent dit, ça ne m’intéresse pas beaucoup de retranscrire la réalité des choses, mais de vous montrer mon interprétation de ce qu’ont vu mes yeux. Par moment, je vais avoir une vision plus documentaire, mais la plupart du temps, ce sont mes propres histoires que je vais raconter avec mes images.

 

 

Toutes les photos ont été réalisées avec le Ricoh GR.

 

 

~o~

 

 

Is post-processing cheating ?

 

 

 

 

Look at this picture, which I recently made in Aix-en-Provence. Of course it’s not what my eyes saw, but what I imagined taking this picture. I stood myself at this spot very close to the Place de la Mairie and my eyes were attracted by this tall man, all dressed in black with a hat. He was having a call and was waiting for something (he was actually calling a taxi …). I stayed a little while trying to integrate him into a composition. When I saw him turn to me, I was immediately attracted by his pale hand. When you have a Black & White mindset, you can immediately recognize those moments that will work in monochrome.

I shoot RAW and so the preview that gives me my Ricoh GR on the back of my camera is very far from the mental image of the final rendering of the photo. There were big differences of contrasts in this picture and I knew I could play on it to get what I wanted. In my previous blog, I talked about the documentary side that some of my photos had. Here clearly, this is no longer the case. It is a distortion of reality that has been the driving force of this photo.

 

DNG File (RAW)

This photo has an unreal feel. The guy is like a shadowman. I have in all and for all, spent no more than a minute in post-processing the photo to get what I wanted. I am not a big fan of Lightroom. I spend very little time in post-processing. That does not mean I do not do it. I always use the same settings and it saves me time. Finally, especially not to lose too much. It’s always the same thing. Olivier DUONG of Inspired Eye, gave me presets for the B&W. I found one that I like and I use only this one. Subsequently I play only with the sliders Brightness, Contrast, Highlights, Shadows, White, Black and Clarity. From time to time a little vignetting but that’s it. No more than one minute per photo. From time to time, I use the localized touch-up brush to lighten or darken. Here I used it on the face because I wanted to plunge it into the shadows.

 

 

Let’s get back to this Blog. Did I cheat by post-processing the photo in this way ? My eyes did not see this scene as I transcribed after processing. With Lightroom, the possibilities are endless and I am the first to pester when I see photos retouched excessively. We see that in landscape photography, but we also see it in street photography. This super high contrast photo mode with black solid areas that give a very graphic look to photos. We drown the awkward details in the shadows to keep only what interests us in the highlights. I do a lot of this kind of pictures too, even if I tend to get away from them lately.

 

 

I’m pretty good at this kind of pictures and I know how it works. It’s terribly efficient and the result is hard-hitting. By using the tools (Lightrooom) or only by exploiting the strong differences of brightness of a scene, you can give an interpretation of what is unfolding in front of you. The eye has an immeasurable dynamic range and even if there are strong contrasts, it will succeed in not imposing black solid colors in your vision of a scene. In a way, we do not see the world with great black flats …

 

 

In general, street photography is an interpretation of reality. That it is by the content but also by the form in this case here. I talked a lot about content in my Blogs, but the form is important too. We have with Lightroom or any other editing software this tool that will allow us to make the photo we had imagined. The photo does not exist at the time of shooting. It only exists after post-processing. Some will even say that it only exists once printed … Who has never heard: « Ah, this photo is really cool, but you did some image editing no ? ». The insight that give us the cameras, that is to say the jpegs are only interpretations of the photos made by the software present in the cameras. To put it simply, the same DNG file (universal RAW format) will give different jpegs on a Leica, Canon, Nikon, Fuji, Pentax, Sony … So those who think that the jpeg is the untouched image, they are sticking their fingers in the eye (ouch).

 

 

At all times, photos editing have existed. We did not wait for the advent of computers to retouch photos. To talk about the B&W, what we currently use under Lightroom was also the time of the film (Dodge & Burn, masking …). So post-processing is cheating ? I think what’s important to understand is that street photography is a very personal vision of what’s going on in the streets. As I have often said, it does not interest me much to transcribe the reality of things, but to show you my interpretation of what my eyes have seen. At times, I will have a more documentary vision, but most of the time, these are my own stories that I will tell with my images.

 

 

All the photographs were made with the Ricoh GR.

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Jeff Chane-MouyeJohn Harper Auteurs de commentaires récents
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John Harper
Invité

It could be argued that converting to Black and White is a manipulation of reality. I’m with you on the “one minute” post processing, firstly I’m too lazy and secondly if it takes any more than a minute it’s either not a very good shot or it was captured incorrectly to begin with. There is also an argument that says there should be some greys in a black and white image, pushing the blacks and whites to warp factor 10 may not be the answer, personally I want the mood to reflect how I saw and felt the scene therefore… Lire la suite »