Behind this shot : I’m a liar ! 6


(English version at the bottom of the page)

Je n’ai pas encore eu l’opportunité de partager avec vous certaines photos réalisées il y a quelques semaines de ça à Paris. Entre temps j’ai enchaîné par mon séjour à Bristol. Regardez cette photo. Je l’ai prise il y a un mois de ça, dans le métro parisien. Je n’ai pas l’habitude de prendre les transports en commun chez moi car la voiture est bien plus pratique et les transports en commun bien moins efficaces. Ici à Paris, tout se fait en métro ou en bus.

 

 

Revenons à cette photo. On y voit un homme se tenir la tête entre les mains en signe de désespoir. Le métro est plutôt bondé avec des gens qui se tiennent debout en arrière plan. Techniquement, j’aime bien cette photo car il y a cette gestuelle mais aussi un premier plan flou ainsi que des personnes en arrière plan. Ça nous permet d’avoir de la profondeur dans l’image. L’homme qui se prend la tête dans les mains est flou, mais vous noterez que c’est un flou de mouvement et non pas de mise au point. J’ai utilisé le Ricoh GR pour cette photo et comme je manquais de lumière, j’étais à f2.8 et j’ai descendu ma vitesse à 1/200s pour ne pas trop monter dans les ISO. Au final je suis à ISO 3200, ce qui est acceptable pour le Ricoh GR. Comme je l’ai déjà dit dans un précédent Blog consacré au GR, cet appareil n’excelle pas particulièrement quand il faut monter dans les ISO …

 

 

Ma vitesse était donc basse et c’est la raison pour laquelle l’homme est flou. Je considère néanmoins que cette photo est réussie. J’ai passé le cap de juger une photo sur la netteté, le faible grain ou l’absence de défaut. J’apporte plus d’importance au contenu. Ici en l’occurrence la gestuelle de l’homme est le point important de la photo. Je me rends compte que si j’avais utilisé une vitesse de 1/400s la photo aurait été nette et même exploitable à ISO 6400. C’est un choix que j’ai fait en me disant que j’allais avoir à faire à des sujets plutôt statiques dans le métro et que 1/200s serait suffisant. J’ai tendance peut être à sous estimer les performances du Ricoh GR en basse lumière. Il est clair que cet appareil est plutôt mauvais en couleur en basse lumière, mais il tire plutôt bien son épingle du jeu en N&B. Prenez l’exemple de cette photo prise aussi dans le métro Parisien. L’EXIF nous donne les informations suivantes : f2,8 | 1/400s | ISO 12800.

 

 

Le grain est très présent, mais je trouve que c’est agréable à l’œil. Néanmoins on voit bien que du fait de la faible profondeur de champ et des ISOs élévés, ça devient rapidement de la bouillie de pixel en arrière plan. En voyant cette photo, je me dis que j’aurais pu adopter une vitesse plus élevée sur la photo de l’homme se tenant la tête. Pour tout dire, je tâtonne encore avec les réglages du Ricoh GR. J’en étais arrivé à avoir des certitudes sur les réglages du GRD 4 que j’utilisais depuis 3 ans. Ce qui n’est pas encore le cas avec le Ricoh GR à gros capteur APS-C. De plus cette virée à Paris était en quelque sorte mes premiers pas avec le GR.

Au delà de ces considérations techniques, je voulais surtout parler dans ce Blog de la lecture que vous aurez de cette image. On peut y voir du désespoir, de la souffrance, de la détresse. Qu’en est il vraiment ? Le fait d’avoir édité cette photo en N&B accentue ce sentiment. En fait il n’en est rien. Je vous ai déjà expliqué comment la Street Photography me permettait de raconter des histoires ou même de travestir la réalité. Cette image est le fruit de mon imagination. C’est l’idée que je me fais des métros Parisiens. Ces personnes seules qui voyagent dans le métro, fatiguées par leurs journées laborieuses. C’est en quelque sorte ma vision provinciale de la vie Parisienne. Vous pouvez voir ci-dessous les autres photos réalisées de cette même scène.

 

 

En fait cet homme est juste un touriste sûrement fatigué par sa longue journée de visite dans Paris. A côté de lui la femme a l’air bien plus fatiguée et correspond plus à l’idée que je me fais de ces personnes qui tels des robots prennent les transports en commun matins et soirs. Vous pouvez voir comment au final, j’ai isolé l’homme qui est devenu mon personnage central dans ma composition. Alors oui, comme je l’ai dit dans le titre de ce Blog, sur ce coup je mène en bateau le lecteur de la photo pour lui montrer ce que je veux. Cette photo est bien réelle car je l’ai prise, mais c’est mon interprétation de la scène et non pas la réalité. Je vous invite à relire un Blog que j’avais rédigé à ce sujet.

C’est pour cette raison que j’aime la Street Photography. Je n’ai pas à rapporter la vérité et j’ai toute liberté pour construire mes photos sans me soucier de la véracité des faits.

Toutes les photos ont été réalisées avec le Ricoh GR II.

 

 

 

~o~

 

 

 

Behind this shot :

I’m liar !

 

 

 

 

I have not yet had the opportunity to share with you some photos made a few weeks ago in Paris. Meanwhile I went in Bristol. Look at this picture. I took it a month ago, in the Paris subway. I am not used to taking public transport in Aix-en-Provence because the car is much more convenient and public transport much less efficient. Here in Paris, everything is done by metro or bus.

 

 

Let’s go back to this picture. We see a man taking his head in his hands in a sign of despair. The subway is rather crowded with people standing in the background. Technically, I like this picture because there is this gesture but also a blurred foreground as well as people in the background. It allows us to have depth in the image. The man who takes his head in his hands is blurry, but you will notice that it is a blur of movement and not of focus. I used the Ricoh GR 2 for this photo and as I was running out of light, I was at f2.8 and I lowered my speed to 1/200s so as not to go up too much in ISO. In the end I am at ISO 3200, which is acceptable for the Ricoh GR 2. As I already said in a previous blog dedicated to the GR, this camera does not excel particularly when it is necessary at high ISO …

 

 

My speed was therefore low and that is why the man is blurry. I nevertheless consider that this photo is successful. I don’t care much about sharpness, grain or the absence of default. I value more the content. Here in this case the gesture of the man is the key point of the photo. I realize that if I had a speed of 1/400s the photo would have been perfectly in focus and even exploitable to ISO 6400. It is a choice that I made while telling myself that I was going to have to deal with rather static subjects in the subway and that 1/200s would be enough. I tend to underestimate the performance of the Ricoh GR in low light. It is clear that this camera is rather bad in color in low light, but it plays rather well the game in B & W. Take the example of this picture taken also in the Parisian subway. The EXIF ​​gives us the following information: f2,8 | 1/400s | ISO 12800.

 

 

It’s grainy, but I think it’s pleasing to the eye. Nevertheless it is clear that due to the shallow depth of field and high ISOs, it quickly becomes pixel porridge in the background. Seeing this picture, I tell myself that I could have adopted a higher speed on the photo of the man holding his head. To be honest, I’m still fumbling with the settings of the Ricoh GR. I got to be certain about the settings of the GRD 4 that I used for 3 years. This is not yet the case with the Ricoh GR APS-C sensor. Moreover this trip to Paris was somehow my first steps with the GR.

Beyond these technical considerations, I especially wanted to speak in this Blog of the reading that you will have of this image. We can see there despair, suffering, distress. Really ? Having post-processed this photo in B&W accentuates this feeling. In fact it is not so. I already explained to you how Street Photography allowed me to tell stories or even to bring to people a distortion of the reality. This image is the fruit of my imagination. That’s the idea I have of Parisian subways. These lonely people who travel on the subway, tired by their busy days. It is, in a way, my provincial vision of Parisian life. You can see below the other pictures taken from this same scene.

 

 

In fact this man is just a tourist surely tired by his long day visiting Paris. Beside him, the woman looks much more tired and corresponds more to the idea that I have of these people who like robots take the public transport mornings and evenings. You can see how in the end I isolated the man who became my central character in my composition. So yes, as I said in the title of this Blog, on this one I lead the reader of the photo to show him what I want. This photo is very real because I took it, but it’s my interpretation of the scene and not the reality. I invite you to re-read a Blog I wrote about this.

That’s why I like Street Photography. I do not have to report the truth and I have complete freedom to build my photos without worrying about the truth of the facts.

All photos were taken with the Ricoh GR II

 

Share Button

Leave a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

6 thoughts on “Behind this shot : I’m a liar !

  • John Harper

    Before I got to the last paragraph of your blogpost I’d already decided the lady next to the main character looks much more in despair, anxious, life had taken its toll.
    Of course they say ‘The camera never lies’ but we know it always does. We’re seeing just hundredths of a second of reality. Even with our friends who use Long Exposure for Landscapes we’re viewing yet another distortion of reality. The thing is this; I enjoy seeing a fraction of a second in someone’s life, that momentary glimpse can be much more fascinating than seeing the whole or real thing and just perhaps closer to the real person than we can imagine.

    • Jeff Chane-Mouye Post author

      I guess that even when you’re documenting something, you can’t be unbiaised. We are humans, we are thinking animals. Even if we try to be impartial I don’t think that we are when we’re photographying. Besides this. The choice of the focal lenght, of the frame, the composition is already a biaised vision of what we see. But clearly Street Photography offers more freedom than any other kind of photography made in the Streets. We’re visual story tellers !

  • Val

    Bonjour Jeff,

    Je prends énormément de plaisir à lire ton blog et à regarder tes photos. J’en suis encore le plus souvent au niveau “silhouette” devant un fond clair, j’ai beaucoup de mal donc à sortir des photos intéressantes lorsque le temps est gris. Tes articles m’encouragent. Merci.

    • Jeff Chane-Mouye Post author

      Hello Val,

      Merci pour le com, pour tout dire, j’ai parfois l’impression d’écrire que pour moi,vu le nombre famélique du nombre de lectures de mes blogs. C’est tout à fait normal quand on débute de galérer pour avoir quelque chose de décent. Je te rassure de suite, ça reste toujours compliqué d’avoir des keepers dans son travail. C’est une pratique ingrate comme tu peux le constater. Mais l’œil s’aiguise avec l’expérience. Si tu regardes mes plus anciens blogs, j’ai beaucoup fait de silhouettes, du light shadow. Je m’en éloigne maintenant car je trouve ces photos trop faciles et sans âme. Je continue d’en faire de temps en temps mais de manière intelligente. En quelque sorte faire du Light shadow avec du contenu et non pas tout faire reposer sur l’esthétisme implacable des forts contrastes. Ça demande du temps. Il faut laisser sa photographie évoluer. Sortir de sa zone de confort. Faire des choses différentes quitte à galérer au début… Depuis quelques temps, je prend plus de plaisir à faire des photos par temps couvert. Il m’aura fallu 3 ans pour en arriver là. Je pense que tu as besoin de temps. En tout cas moi j’en ai eu besoin.

      • Val

        Je suis en train de remonter tous tes articles et c’est vraiment très instructif. J’ai enfin compris que si certaines de mes silhouettes ne fonctionnent pas, c’est qu’elles manquent de signification, il n’y a pas d’histoire derrière, tout simplement.
        Je me demande comment j’ai atterri sur ton blog, je pense que je cherchais des infos sur le xf18mm Fuji. J’ai le 23mm 1.4 et le 16mm1.4 depuis peu. Je trouve mes photos avec le 16mm plus dynamiques mais il ne faut pas avoir peur de s’approcher vraiment, c’est un entrainement !! Je trouve que je m’approche déjà pas mal mais lorsque je regarde tes photos, il est clair que tu t’approches beaucoup plus encore. La taille conséquente de mes objectifs ne me gêne pas vraiment alors je ne suis pas sûre qu’un pancake changerait ma pratique.
        Ton blog mérite vraiment d’être plus connu. C’est très rare de trouver de vraies réflexions sur sa pratique comme tu le fais. Je te trouve même très dur envers toi même mais c’est sûrement ce qui te permet d’avancer autant.

        • Jeff Chane-Mouye Post author

          C’est souvent la question que je me pose. Comment les gens sont arrivés sur mon site ? Avant je pouvais dire que c’était grâce à Facebook ou Instagram. Mais depuis que je n’y suis plus c’est sûrement grâce à google. Je sais que je génère pas mal de trafic grâce à mes Blogs sur le Ricoh GRD 4. Étonnant que tu m’aies trouvé avec le Fujinon 18 mm. C’est vrai que je n’utilisais que lui à mes débuts … J’ai aussi utilisé l’ultra wide 21 mm sur le GRD 4. J’aimais bien l’impression que la scène était comme aspirée par l’objectif. Mais c’est assez difficile à maîtriser et je trouve qu’il y a trop de distorsions. C’est amusant au début, mais je préfère le 28 mm qui est plus proche de ce que je vois. J’essayé le pancake 27 mm (equivalent 41 mm) de chez Fuji mais ça ne me convenait pas. J’ai essayé le 35 mm sur le GR mais pareil, pas mon truc. Je crois que le 28 mm est ma focale préférée.
          Quand t’auras le temps, passe moi quelques photos que je vois un peu ton travail. jeff.chanemouye@gmail.com